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vendredi 9 mars 2018

Printemps des Poètes 2018




POÉSIE (choix de texte n° 12)


    Que représente la poésie en ce début de siècle tumultueux?
Est-elle essentielle à l'Homme ou  n'est-elle qu'un  aimable divertissement, l'alignement de mots aux sonorités plus ou moins belles, un simple jeu de l'esprit? 
La poésie, étrangère à tant d'individus, serait-elle condamnée à rester un mode d'expression réservé à quelques amateurs?

   La poésie, pour beaucoup, souvenir du temps de l'école primaire où elle n'était qu'un exercice de mémoire. Apprendre par cœur un texte qu'on n'avait pas choisi et qui parfois n'évoquait rien !  Certains enseignants croyant bien faire proposent à leurs élèves des textes sans grande valeur poétique. Ils oublient que la poésie ne  doit pas être nécessairement comprise : le langage poétique s’écartant de la langue courante, ce qui compte avant tout, c’est l’émotion enveloppée de mystère créée par la musicalité des mots, l’originalité du style et la force des images. Arthur Rimbaud plutôt Pierre Dupont ! (J'ai deux grands bœufs dans mon étable).
Plus tard, au collège et au lycée, il fallut disséquer, analyser le poème. Le texte était si trituré qu'on en oubliait l'essence, la beauté de la musique qui se dégageait des mots.
Et c'est ainsi que des générations d'élèves sont passés à côté de la poésie, que certains  en furent dégoûtés à tout jamais.

   Il en faudra du temps - et sans doute l'avènement d'une société moins matérialiste - pour que la poésie occupe une place plus importante !
   
L'ARDEUR,
thème du 20e Printemps des Poètes


   Il faut bien le dire : en 2018 la poésie n’occupe toujours pas la place qui devrait être la sienne. Dans les grands médias, elle est quasiment absente ; en dehors des ouvrages destinés aux scolaires, les livres de poésie se vendent plutôt mal. Heureusement il existe des manifestations telles que le Printemps des Poètes et des hommes et des femmes qui défendent la poésie avec persévérance. Enfin il y a celles et ceux ceux qui la font, poètes ayant acquis une certaine notoriété  et poètes inconnus.

    En choisissant l’ardeur comme thème de l’édition 2018, les organisateurs ont visé juste.
En effet, l’ardeur qui signifie chaleur vive, fougue et énergie, est ce dont le poète a besoin pour traduire sur le papier les sentiments, les états d’âme qui le traversent.
   L’ardeur lui est nécessaire pour refuser les travers de  son époque et proposer une vision plus élevée du monde, pour combattre les injustices de la société, pour s'extraire de la médiocrité dans laquelle se complaît une partie de ses congénères. 
Certains poètes ont payé de leur vie leur engagement en faveur des libertés, beaucoup ont été incompris.
La société a besoin de ces visionnaires qui préparent un monde meilleur (Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Anna Akhmatova, Julia de Burgos...)






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mardi 6 mars 2018

La Sologne

Sous-bois solognot

    Au début de l'automne, la Sologne offre des paysages magnifiques, même sous la pluie. Si les champs de maïs sont monotones et lassent rapidement le regard, il y a souvent de l'autre côté du chemin ou à l'horizon, un étang, une forêt et parfois un vignoble où, à cette époque de l'année pendent les grappes de raisin que l'on va bientôt cueillir. Ce territoire est le paradis des promeneurs, des amis de la nature, qui avancent doucement sur les sentiers dans l'espoir d'assister au passage d'un chevreuil, à l'envol d'un canard.

La Sologne  est située entre la Loire et son affluent le Cher et fait partie de de la Région Centre -Val de Loire.
   Sauvage, humide avec ses nombreux marécages et ses étangs (on en compte un peu plus de trois mille), la Sologne humide a longtemps été une région pauvre. Il a fallu attendre le 19e siècle pour qu’elle change de visage. 
   Maurice Genevoix, auteur de Raboliot (1925) a très bien décrit la vie des Sognolots, des  gens passionnés de pêche et de chasse. Un autre écrivain régional, Alain Fournier s’est fait connaître en écrivant Le grand Meaulnes.
   Dans la Sologne sèche on produit des vins d’excellente qualité, comme le Cheverny.
Les châteaux de la Renaissance (Chambord, Cheverny…) sont visités chaque année par des touristes venus du monde entier.
   Les forêts abritent de nombreuses espèces d’animaux tels que le cerf, le chevreuil, le sanglier ainsi qu’une grande variété d’oiseaux. Leur présence a, depuis des siècles, fait la joie des chasseurs. Faut-il répéter ici que la tradition ne justifie plus aujourd’hui la pratique de cette activité. La chasse est un loisir d'un autre temps. Dire qu'elle est une activité écologique est une imposture.

   Profitons plutôt d’un séjour en Sologne pour admirer ses forêts et le monde vivant qui les peuple ou pour visiter les  superbes châteaux qui défient le temps.

Château de Soings-en-Sologne

vendredi 2 mars 2018

Le Salon de l'Agriculture




CHOIX DE TEXTE n° 11

Voilà ce que j’écrivais à propos du Salon de l’Agriculture en 2011 :

    Le dernier Salon de l'Agriculture de Paris était placé sous le signe du développement durable.
   Les discours qui s'y sont tenus, en particulier celui du Président de la République (1), ont montré une nouvelle fois les aspects hypocrites et contradictoires de cette expression développement durable dont le sens - surtout dans la bouche des partisans du libéralisme - est très éloigné d'une vision écologique du monde.
   Comment peut-on prétendre prendre la défense de l'environnement quand on propose au nom de la concurrence économique de s'affranchir des engagements du Grenelle de l'environnement (2) qui pourtant n'étaient pas très ambitieux : nulle part on y lisait l'abandon du productivisme et de ses pratiques nuisibles à la nature et à l’homme ?
   Le défi posé au XXIe siècle à l'agriculture mondiale est énorme. Dans un contexte qui voit régulièrement diminuer les surfaces agricoles cultivées, il s'agit, à l'horizon 2050, de nourrir une population mondiale qui pourrait atteindre 9 milliards d'habitants, tout en rétablissant l'équilibre entre des pays du Nord et du Sud.
   Même si ce chiffre n'est pas atteint - ce qui me paraît souhaitable - poursuivre dans la voie prise par l’agriculture il y a une quarantaine d'années est impensable : cela conduirait à une dégradation insupportable de l'environnement et maintiendrait le déséquilibre entre pays riches et pauvres. La seule alternative réaliste à l’agriculture industrielle est d'aller dans tous les pays vers une une agriculture naturelle.

    Aujourd'hui, cette grande mise en scène visant à présenter l'agriculture – et surtout l'élevage – sous son visage le plus attirant continue d'avoir du succès. On connaît pourtant désormais la triste réalité : des animaux élevés dans des conditions horribles, des légumes et des fruits contenant maints pesticides, insecticides, engrais chimiques... Et pendant ce temps, les paysans respectant l’environnement souffrent énormément.

1. N.Sarkozy
2. Une promesse vite abandonnée

Mars 2018. Les présidents changent. Ils défilent tous - plus ou moins longtemps – dans les allées du Salon, mais rien ne bouge. Les légumes, les fruits provenant de l’agriculture industrielle continuent de pousser en polluant les sols, l’eau, l’atmosphère. Tous les produits chimiques mauvais pour la santé pénètrent dans nos corps. On croyait être débarrassé rapidement du glyphosate, ce désherbant dangereux ; il a suffi que quelques agriculteurs haussent le ton pour que le gouvernement fasse marche arrière, confirmant ainsi que la volonté politique de produire autrement n’existe pas.
Et que dire de l’élevage ? Ces jolis poussins qui attendrissent les enfants, ces cochons au regard malicieux, ces vaches que l’on brosse avec soin pour qu’elles paraissent plus belles, pourquoi sont-ils exposés au public ?
- Pour donner une belle image de l’élevage, une image trompeuse éloignée de la vérité.
Les militants de la cause animale, nombreux cette année au Salon, ont agi et parlé pour rétablir la vérité. Les décideurs et les grands groupes les regardent avec dédain. Ils ont tort. Leur message sera de plus en plus entendu.


jeudi 22 février 2018

Voyager en train



Photo Ch. AGRELLA - freerangestock.com
    Malgré la concurrence de l’automobile devenue accessible au plus grand nombre dans les années 60, le train reste un mode de transport apprécié  des voyageurs.
   Quand on prend le train, les vacances commencent dès qu’on est installé dans le wagon. La voiture, c’est autre chose. Avant d’arriver à destination, on doit subir les incivilités de conducteurs hargneux, patienter dans les embouteillages, être constamment vigilant, vaincre la fatigue...
    Le train permet de regarder calmement la variété des paysages. J’ai en tête des centaines d’images gravées dans ma mémoire : une vue saisissante de la Loire en approchant de Nantes (en venant de Paris), la beauté de la voie sinueuse qui mène de Lyon à Genève, des sensations fortes comme l’entrée dans le tunnel sous la Manche, pour se rendre à Londres.

    Bien sûr, tout n’est pas parfait. En France, trop de trains n’arrivent pas à l’heure, le matériel ferroviaire devrait être renouvelé plus souvent, l’intermodalité – la coordination entre les différents modes (tramway, métro, autobus, taxi..) - laisse à désirer.
    Il faut rendre le train plus attractif. 
Pour cela, il est nécessaire d’améliorer l’image des gares. Quand on arrive dans une ville par le train, la première chose qu’on voit, c’est la gare. Celle-ci doit être un lieu de vie et pas seulement un point d'échanges, elle permet de garder vivant l'ensemble du territoire, particulièrement en milieu rural, au même titre que l'école communale et que le bureau de poste.

    Les gares anciennes - gares des grandes villes ou des villages - avaient un style, elles avaient une âme.
    La gare de Metz, construite en grès, celle de Limoges avec sa coupole et son campanile, la gare de Tours et à Paris la gare de Lyon, avec son beffroi et son célèbre restaurant, font honneur à notre architecture. À l'étranger, la gare d'Amsterdam est superbe avec sa façade qui est en harmonie avec le style des autres bâtiments de la ville.
    Par contre, les gares TGV sont souvent sinistres et froides. Cette impression est renforcée par la tendance à l'automatisation. Qu'il s'agisse d'obtenir une information, d'acheter ou de composter un billet, la SNCF a de plus en plus recours aux machines. Or un lieu de vie a besoin avant tout de la présence d'hommes et de femmes.
    En cela les gares modernes sont le reflet d'une civilisation qui se déshumanise.




Angleterre - Le Kent




CANTERBURY - Photo  Chbec, Pixabay.com

    Jusqu’en 1994, date de l’ouverture du Tunnel sous la Manche, le seul moyen de se rendre en Angleterre était le bateau. Les lignes les plus courtes (une quarantaine de kilomètres) étaient Boulogne-Folkestone (qui a disparu) et Calais-Douvres.
    Le tunnel est surtout emprunté par les gens pressés (cadres, hommes d’affaires). Le touriste préférera prendre le ferry qui met environ une heure trente pour faire la traversée.
En effet, celle-ci est beaucoup plus agréable ; elle permet à partir du pont du bateau d’admirer les falaises blanches anglaises et d’apprécier la fraîcheur de l’air marin.

   Quand on a choisi de visiter l’Angleterre en voiture, dès le débarquement à Douvres, il faut rapidement s’habituer à rouler à gauche de la route. Cela demande une concentration de tous les instants. On se trouve alors dans le comté du Kent où l’on peut s’arrêter quelques jours - voire plus - pour découvrir le charme de la campagne anglaise et des villes environnantes. Pour cela on évitera les grands hôtels sans caractère qu’on trouve un peu partout dans le monde ; un séjour dans un bed and breakfast sera préférable si l’on souhaite une immersion dans l’Angleterre authentique. Il y en a de nombreux dans les stations balnéaires de Ramsgate et Margate. L’accueil y est sympathique. Quand au petit déjeuner on vous apporte un plat de haricots blancs nageant dans une sauce tomate au goût sucré et un porridge roboratif, vous vous rendez compte que vous n’êtes plus en France.
    Il y a sur la côte de belles plages où généralement on ne souffre pas de la chaleur.
    Les villes du comté ont toutes un intérêt particulier (leur port, leur passé historique, leurs monuments).
     Folkestone, ville la plus proche de la France, est située à 35 kilomètres du Cap Gris-Nez ; on y trouve près du port de petits restaurants sympathiques. Non loin de là, il y a  Hastings surtout connue pour la bataille de 1066. À Douvres, le château qui domine la mer date du XIe siècle. Et puis on peut voir aussi Ashford, située à proximité d’une belle forêt primaire.
  Mais c’est Canterbury qui a ma préférence. Bien sûr, il faut voir la cathédrale, se promener dans les petites rues bordées de vieilles maisons, faire une pause dans un pub.
Il y a dans cette ville une ambiance particulière qu’on apprécie surtout en hiver, dans la période des fêtes de fin d’année.






Monflanquin




VUE SUR LA PLACE CENTRALE ET SES ARCADES
LES BASTIDES
Il y a  tant de choses à découvrir en dehors des sentiers battus, tant de beaux paysages, de villages pittoresques, de monuments méconnus …

     Les chemins de randonnée ne permettent pas seulement d’aller à la découverte de la nature, ils traversent aussi des villes et des villages. Quand on vient de parcourir quelques kilomètres à travers champs, sans croiser le moindre promeneur, le moindre véhicule, et qu’on aperçoit, à l’entrée d’un village, la première ferme, on a soudain l’impression de revenir dans le monde civilisé. De nouvelles joies attendent le promeneur.

    Beaucoup de villages n’ont pas succombé à la tentation financière et ont  gardé leur charme d’autrefois. S’y promener, c’est aller à la rencontre des hommes et des femmes d’aujourd’hui, mais aussi à la rencontre du passé. Il est important de préserver cette richesse : l’histoire se comprend mieux en voyant les lieux où nos ancêtres ont vécu.
    Il y a dans le département du Tarn-et-Garonne une multitude de villages et de petites  villes qui méritent qu’on s’y arrête. Monflanquin fait partie de ceux-là.
Il s’agit d’une bastide créée au  XIIIe siècle à l'instigation d’Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX (Saint-Louis). 
   
    À Monflanquin, la place  centrale, de forme carrée, a gardé l’aspect qu’elle avait il y a huit siècles. On s’y promène à l’abri du soleil sous les larges arcades. On flâne dans les ruelles rectilignes qui ont conservé leurs pavés irréguliers. On s’arrête devant l’église qu’orne  une étonnante tour. De là, on découvre un paysage verdoyant qui procure un sentiment de tranquillité. Tels sont les atouts de cette petite ville qu'il faut visiter quand on voyage dans le Sud-Ouest.

Saint-Sardos


 Saint-Sardos ne fait pas partie de ces hauts lieux touristiques de France qui chaque année attirent des millions de visiteurs.
   Petite commune du Lot-et Garonne (il existe un autre Saint-Sardos en France), elle ne compte que quelques centaines d’habitants.
   D’un point de vue rationnel, on peut s’interroger sur la viabilité d’une structure de si petite taille. Mais d’un point de vue humain, culturel et affectif, le maintien de telles petites communes a encore un sens aujourd'hui.

Car ces villages ont une âme qu'on retrouve dans les traces du passé.

   À Saint-Sardos, le portail de l’église est vieux de neuf siècles. Près de celle-ci, un panneau nous rappelle que la guerre de Cent Ans a débuté ici.
   En effet, au début du XIVe siècle, des moines favorables aux Français avaient projeté de construire une bastide. Dans le village voisin, le seigneur de Montpezat ─ pro-anglais ─ voulut les en empêcher et les fit tuer.
  Le roi Charles IV envoya alors une armée. Ce conflit local aggrava la tension qui régnait entre les deux pays depuis le second mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, l’acquisition de l’Aquitaine ayant fait des Anglais des vassaux des rois de France.
  Après avoir traversé le bourg fleuri et visité l’église, on peut s’engager dans les petits chemins qui traversent les champs. Le paysage est verdoyant et vallonné.
  En haut d’une petite côte, on apercevra au loin un lac qu’une rangée d’arbres cache à moitié. Aller jusqu’à ce lac permettra d’apprécier la tranquillité des lieux.
   Devant de tels paysages, il suffit d’ouvrir les yeux, de respirer les exhalaisons qui viennent des prés et des bosquets, d’écouter les chants qui montent des arbres, pour oublier ses soucis et se sentir heureux.
     

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