La bride sur le cou n° 15 : 1er novembre


n°15
(Cette chronique paraît le premier mardi de chaque mois)

Pensées d’automne : 1er novembre

 …. « C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents ;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants :
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile

Que l’aigle abandonne aux airs… »

( Lamartine – extrait de Pensée des morts)  




1. Chaque saison a sa fête : pour l’automne, c’est la Toussaint. 
   Si une journée est consacrée à ceux qui nous ont quittés, dans la réalité on pense souvent à eux, d’abord à ceux qu’on a connus : membres de la famille, amis, collègues...Et l'on n’oublie pas ce qu’ils nous ont apportés. Mais on sait aussi ce qu’on doit aux générations qui nous ont précédés, aux anonymes et aux gens célèbres. Ceux-ci vivent encore en nous grâce à leurs écrits, leurs tableaux, leur musique, leurs chansons... Parmi eux, il y en a qui ont influencé notre pensée, notre façon de vivre.

   Et puis il arrive que nous nous interrogions sur nos racines lointaines. Souvent, la généalogie ne mène pas très loin ; alors devant l’incertitude, c’est l’imagination qui travaille. On peut s’appeler Martin, Bernard ou Dubois et avoir des ancêtres venus de Norvège, d’Allemagne, de Pologne, d’Afrique ou d’Asie. 
Nous constatons alors que les frontières s’effacent et que nous habitons tous la même planète ; l’histoire de l’humanité nous a appris que nos ancêtres venaient de partout. Ils ont fait preuve de courage, d’inventivité, d’audace, et malgré les vents contraires, ils ont réussi siècle après siècle à faire progresser l’humanité.

Parmi eux, il y en a qui sont morts dans des circonstances cruelles, en pleine jeunesse :
« Ceux que la mort frappa / dans la mer en furie/ un matin de printemps/
avaient vingt ans aussi. 
Et là-bas / dans la plaine / sous les croix blanches mornes / strictement alignées
ils dorment… (1)

Et il y eut toutes les victimes du nazisme :
« Varsovie novembre quarante-deux.

On entendait au loin des bruits de fusillade / et des femmes, des hommes /

passaient devant les morts /

Ils fuyaient  affamés vers un port improbable. (2)


On se penche régulièrement vers le passé pour préparer un futur meilleur.

2. Le premier novembre est aussi la journée mondiale Vegan.
   Une autre frontière s’est effacée ces dernières années grâce aux progrès de la connaissance, celle entre l’être humain et l’être non-humain. Nous devons en tirer les conséquences dans nos rapports avec les animaux.
Beaucoup de gens éprouvent du chagrin quand leur animal de compagnie meurt. Mais savent-ils que chaque année 60 milliards d'animaux sont tués par l'homme pour se nourrir ?
 Pour l’antispéciste, pour le vegan, la souffrance imposée aux animaux, leur mort programmée dans les abattoirs sont inacceptables.
Le vegan ne comprend pas que la foule prenne plaisir à voir un taureau mourir dans une arène dans des circonstances horribles.
De la même manière, on ne peut accepter qu’un chasseur décide, pour son propre plaisir, d’ôter la vie d’un lièvre ou d’un oiseau qui ne demande qu’à vivre :
«  Ils avaient affronté / d'infernales tempêtes / survolé les déserts /
et vaincu la souffrance /
 Les oiseaux migrateurs allaient vers le soleil…
 Et soudain un bruit sec / là-bas dans les marais./
Un cœur cesse de battre. »

Toute vie doit être respectée. C'est le message qui me paraît essentiel en cette journée.

(1) extrait du poème Souvenirs d’une plage
(2) extrait de Varsovie 42
(3) extrait de Les oiseaux migrateurs


Commentaires