Le cauchemar américain




   Il fut un temps où l’Amérique faisait rêver. 
   La présidence de John Kennedy avait apporté une image de modernité. Les Américains préparaient leur expédition vers la Lune. En 1967, le livre de Servan-Schreiber , le Défi américain, connaissait un beau succès. Et puis, il suffisait de visiter un de ces impressionnants cimetières militaires, comme celui de Colleville-sur-Mer, pour nous rappeler ce que nous devions à la jeunesse américaine lors des deux guerres mondiales.


    Nul n’ignore que les États-Unis sont la puissance qui représente le mieux le capitalisme moderne, avec ses travers, son arrogance, son incapacité à garantir la paix, le retour aux équilibres sociaux et écologiques.  Mais ce pays ne peut se résumer à cette seule image.

  Les États-Unis ont vu aussi surgir des idées nouvelles grâce aux écrivains (Henri David Thoreau, Jack Kerouac…, aux penseurs (Ivan Illich, Carolyn Merchant, Noam Chomsky, Charlene Spretnak, la féministe…). Martin Luther King a reçu le prix Nobel de la Paix en 1964 pour son action contre la ségrégation raciale. La contestation s’est exprimée par la voix de Joan Baez et Bob Dylan et par la musique rappelant les racines africaines d’une grande partie de la population.
D’autres raisons nous font aimer ce pays : les paysages y sont grandioses, les musées abritent de superbes collections et la culture est toujours aussi vivante.

   Et puis est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi le choc que les démocrates de tous les pays espéraient ne pas connaître, la victoire d’un personnage inquiétant à cause de ses idées : nationaliste, xénophobe, islamophobe, misogyne, climatosceptique, bref un responsable placé à la tête d’un grand pays dont on ne peut attendre rien de bon en ce qui concerne notamment la paix et l’avenir de la planète.
  Une première explication de cette victoire est dans le choix de son adversaire, peu appréciée par ceux qui vivent dans la précarité, la pauvreté et la misère.
Ceux-là, qui auraient pu trouver dans le programme de Bernie Sanders, homme de gauche, des raisons d'espérer, n’ont pas fait confiance à celle qui représente la politique ancienne, celle des castes dominantes, à la tête du pays depuis des décennies.
   Seconde explication  : le système démocratique américain simplifié à l’extrême avec ses deux partis de gouvernement ne permet pas d’exprimer la variété des idées présentes dans le pays, notamment l’écologie et l’anticapitalisme ( malgré l’existence de nombreux partis, on trouve le même défaut en France lors des présidentielles).
   Enfin, il ne faut pas négliger le fait que l’élection présidentielle américaine est aussi dominée par la question de l’argent. On sait le rôle joué par les lobbys ( celui des armes à feu, NRA, avait appelé à voter pour Trump). 
   Tous ces éléments ont contribué à la victoire de l'homme connu jusqu'à maintenant pour ses propos outranciers et dangereux. 
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Le 18 décembre 2015, j'écrivais ceci :
" Les signes qui démontrent que nous sommes dans un monde finissant sont de plus en plus visibles...
Je n’ose imaginer ce qu’il adviendrait demain si  Donald Trump devenait président des Etats-Unis."
Ce jour est arrivé, le pire peut survenir. Mais on peut aussi espérer que cette situation déclenche - et pas seulement en Amérique - une prise de conscience salvatrice des citoyens.


























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