La bride sur le cou : Juin 2017




Les États-Unis et le climat 

De Thoreau le visionnaire à Trump le rétrograde

   Comme tous les astronautes qui l’ont précédé, Thomas Pesquet a été marqué par un fait : la Terre qu’il a vue de l’espace pendant six mois lui est apparue superbe, petite et fragile. Que plus de sept milliards d’humains vivent sur cette planète aux limites immuables - contrairement à la maison qu’on peut agrandir pour abriter une famille nombreuse – tient du miracle.
   Cette remarque n’est pas nouvelle. Depuis qu’on a vu sur nos écrans les images de la Terre prises lors de la mission Apollo en 1968, on sait que l’humanité vit dans un espace fini, ce qui nous oblige à prendre des précautions pour que cet espace continue d’être vivable.

   Dès cette époque, des mesures auraient dû être prises. Ce ne fut pas le cas. Les premiers défenseurs de l’écologie n’ont pas été entendus. En France, René Dumont et ses amis étaient alors l’objet de moqueries. À l’étranger, la critique de la société industrielle était parfois vive. Ceux qui dénonçaient le système dominant étaient nombreux aux États-Unis. 
   Henry David Thoreau avait été l’un des premiers à voir dès la deuxième moitié du 19e siècle les dangers de l’industrialisation.
  Au 20e siècle, les Américains Ivan Illich et Herbert Marcuse (ainsi qu’Edgar Morin) jetèrent les bases d’une société qui permettrait de préserver la planète.
  Les femmes contribuèrent également au développement de la pensée écologiste. On peut citer  Caroline Merchant et Charlene Spretnak, toutes deux Américaines, ainsi que l’Anglaise Hazel Henderson.
   Grâce à leurs écrivains, leurs philosophes, leurs militants des droits de l’Homme et de la liberté, les États-Unis ont fait la preuve qu’ils n’étaient pas seulement le pays qui prospère dans le capitalisme cynique que représente aujourd’hui M.Trump.

   Pendant quatre décennies, on a donc laissé croître les déséquilibres écologiques et sociaux jusqu’à ce qu’on finisse par admettre qu’on ne pouvait continuer ainsi.
   En 2015, la Conférence sur le climat de Paris à réussi à mobiliser 195 pays pour lutter contre le dérèglement climatique. Certes les engagements n’étaient pas suffisants mais c’était un premier pas vers une remise en cause des activités polluantes. En refusant de contribuer à cette action permettant d’éviter les désastres que causerait une hausse de la température mondiale de 3 à 5 degrés, M. Trump a montré qu’il n’avait pas les qualités requises pour diriger un grand pays.
   Cet homme d'affaires qui porte une vision rétrograde de l'économie et ignore complètement les principes de l'écologie fait partie du cercle restreint des climatosceptiques. Ses idées doivent être combattues sans relâche.


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