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jeudi 25 janvier 2018

FONTEVRAUD



    Entre Saumur et Tours, à quelques kilomètres de Montsoreau, l’abbaye de Fontevraud est l’un des plus beaux monuments du Val de Loire.
Quand on pénètre dans ces lieux — quelles que soient les convictions philosophiques de chacun — on est frappé par le silence qui y règne, un silence apaisant, semblable à celui qu’on apprécie quand on marche au cœur d’une vaste forêt.
Se promener dans la cité monastique de Fontevraud, c’est aussi plonger dans le passé et chercher à comprendre le mystère de ces pierres assemblées — pour les parties les plus anciennes — il y a neuf siècles. Pierres qui constituent une des merveilles les plus abouties de l’architecture médiévale.
En entrant dans cet endroit mythique ( et mystique), on pénètre dans la complexité et les contradictions d’une société fondée sur l’ordre, la discipline, sur la prédominance de la religion chrétienne, sur la domination de l’homme sur la femme, une société qui permettait pourtant à une abbesse d’exercer son autorité sur les hommes et les femmes de Fontevraud.

Enfin, on y fait un long voyage dans l’histoire.

Dans la nef de l’église abbatiale, on s’arrête devant les gisants de personnages dont on avait perçu le destin romanesque à travers les lectures de jeunesse : Aliénor d’Aquitaine qui fut à la fois reine de France et d’Angleterre, son mari Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, duc de Normandie puis roi d’ Angleterre, leur fils Richard Cœur de Lion…Des personnages célèbres qui continuent d’inspirer les historiens, les romanciers et les cinéastes.

Athènes



    Quand on arrive pour la première fois à Athènes, on a déjà l’impression de bien connaître la ville : les livres d’histoire et de littérature nous ont rendu  l’Acropole et le Parthénon familiers. On est rempli de respect et d’admiration pour les grands auteurs grecs de l’Antiquité, pour ceux qui ont représenté la culture moderne, Mikis Theodorakis, Melina Mercouri…

  J’ai découvert l’Acropole et le Pirée avec plaisir, j’ai longuement flâné dans la ville moderne sans lui trouver beaucoup de charme. Les grands bâtiments couverts de gigantesques panneaux publicitaires ne se distinguent pas de ceux qu’on voit dans les autres capitales européennes.
La Grèce est entrée dans le moule de la mondialisation avec tous les travers de celle-ci et ses problèmes sociaux et économiques. La place Syntagma est le lieu de rassemblement des citoyens en colère. 

    Pourtant, quelque chose m’a surpris dans cette capitale : c’est la beauté du métro. Pour que les gens aient envie de prendre les transports en commun, c’est bien connu, il faut  leur proposer des conditions de déplacement optimales (confort, propreté, sécurité, bonne intermodalité...) 
   De ce point de vue, le métro d’Athènes est une belle réussite. On y circule dans des couloirs spacieux, presque trop luxueux, et en passant devant les statues exposées, on a l’impression de visiter un musée. On revient ainsi aux sources de ce qui a fait la renommée d’Athènes : sa culture ancienne.

mardi 23 janvier 2018

Le site des Deux-Caps



LE GRAND SITE DE FRANCE

de la Côte d'Opale

    Le site des Deux-Caps a obtenu le label Grand site de France en mars 2011.
Pour le département du Pas-de-Calais et pour les huit communes concernées ( Ambleteuse, Audresselles, Escalles, Audinghen, Sangatte,  Tardinghen, Wissant, Wimereux)  ce label a ouvert des perspectives nouvelles car il a classé le site des Deux- Caps parmi les  sites naturels les plus remarquables de France.

Sur 23 kilomètres de littoral, se succèdent des paysages variés de toute beauté : de hautes falaises, de longues plages de sable, des dunes et dans l‘arrière-pays une zone agricole qui  selon les saisons offre ses vastes taches de vert et de jaune. 
   Plus de 250 espèces d’oiseaux vivent sur ce site dominé par deux caps : le Blanc-Nez et le Gris-Nez. Une richesse naturelle que plusieurs structures nationales, régionales et départementales ont su préserver, en résistant aux menaces d’un développement économique anarchique. Quand on pense que  ce site exceptionnel avait failli accueillir en 1960 une centrale nucléaire qui fut finalement construite à Gravelines, on se réjouit de voir que cette partie du littoral nordiste a pu échapper à la politique désastreuse d'aménagement du territoire de la période des trente Glorieuses  !

   Le label décerné au site des Deux-Caps a été une aubaine pour la promotion de la région, il a permis de développer un tourisme responsable qui fait le bonheur des randonneurs pédestres et cyclistes et des amoureux de la nature à la recherche d’authenticité et de paysages magnifiques.

   Chaque année, deux millions et demi de visiteurs se rendent sur le site. Pour éviter les dégâts que pourrait provoquer ce succès, des sentiers - que les promeneurs doivent emprunter - ont été créés. 



samedi 20 janvier 2018

Sète




    Les raisons qui amènent à  voyager sont multiples. Il y a les voyages que le travail vous impose et qui apportent parfois d’agréables surprises, il y a ceux qui résultent des hasards de la vie  et puis il y a les voyages que l’on choisit de faire pour une raison bien précise. Ma découverte de Sète relève de cette dernière catégorie : j’ai voulu me rendre à Sète pour voir le cimetière marin (rendu célèbre par Paul Valéry) et les lieux qui furent si familiers à   Georges Brassens.
   Ma première impression de Sète fut des plus favorables. C’est une ville vivante qui n’a pas le côté superficiel des villes touristiques environnantes (La Grande Motte à l’est, Argelès au sud...)
   Arrivé par le train, je longeai à pied les bassins qui mènent au vieux port avant de m’engager sur la longue promenade de la Corniche que je quittai pour gagner mon hôtel.
   Le cimetière marin où reposent Paul Valéry et Jean Vilar domine le port. En voyant les nombreux monuments funéraires présomptueux de ce cimetière, j’ai pensé à la vanité des hommes, exprimée jusque dans la mort. Les "pauvres cendres de conséquence " qu’évoque Brassens dans sa Supplique pour être enterré à Sète  se contentent d’une tombe ordinaire !
  À l’est de la ville, en bordure de l’étang de Thau, et près de l’espace Brassens qui mérite une visite, se trouve le cimetière du Py. C’est là que se trouve la tombe modeste du chanteur qui se confond avec les autres, « juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus… »
  En dehors du souvenir de ces deux célébrités, Sète dispose de nombreux atouts pour attirer le visiteur. Le meilleur d’entre eux est sans doute la promenade autour du Mont Saint-Clair qui permet de découvrir le magnifique paysage environnant.


vendredi 19 janvier 2018

Notre-Dame-des-Landes

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CHOIX DE TEXTE n°6



                                          LE PROJET D’UNE AUTRE ÉPOQUE

    Le 19 novembre 2012, après la manifestation réussie contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, j’écrivais :
   " Le succès de cette manifestation permet de penser que le projet peut encore être enterré. On peut seulement regretter que, contrairement à ce qui s'était passé sur le Larzac dès 1971 pour éviter l'extension du camp militaire et en Haute-Loire en 1989 pour refuser la construction du barrage de Serre de la Fare, la mobilisation nationale soit venue tardivement alors que localement, dès 1972, les paysans locaux avaient entamé leur lutte contre le projet d'aéroport.
    Je ne reviendrai pas en détail sur les arguments qui ont été utilisés par les uns et les autres pour défendre ou refuser ce projet. Tous les journaux les ont donnés ces derniers jours. Je voudrais ici insister sur l'essence même de la discorde : celle-ci révèle une divergence profonde sur le modèle de société que nous devons choisir pour le 21e siècle.
    À l'évidence, Notre-Dame-des-Landes est le projet d'une autre époque. On était au début de la Ve République quand cette idée d'aéroport est née. En 1969, Georges Pompidou poursuivait la politique de son prédécesseur Charles de Gaulle. Pour eux, "la grandeur de la France" s'exprimait à travers de grands projets, on encourageait la consommation et rares étaient ceux qui avaient senti la crise économique et écologique qui allait suivre.

   Quarante ans plus tard, le monde a changé. Continuer à penser l'avenir en agissant comme on le faisait autrefois est une grave erreur. Les opposants au projet d'aéroport ne mènent pas seulement une action locale. Ils défendent une vision plus juste, plus écologique de la société d'aujourd'hui et de demain. 
    La référence à la lutte du Larzac est juste. Ceux qui s'opposent à Notre-Dame-des-Landes disent qu'on a suffisamment sacrifié de terres agricoles ces dernières décennies et qu'il serait indécent de poursuivre dans cette voie. Nourrir les hommes en respectant la nature devrait être  une des priorités de toute société.
    Ceux qui mettent en avant la création d'emplois générés par la construction de l'aéroport raisonnent dans une perspective de court terme. Une réflexion axée sur le long terme conduit à rejeter ce projet pour des raisons économiques, sociales et environnementales"

Mise à jour du 19 janvier 2018

    Sur ce dossier pendant près de cinquante ans, les gouvernements de droite et de la social-démocratie n’avaient pas réussi à prendre de décision. En quelques mois le gouvernement actuel a tranché : le projet de Notre-Dame-des-Landes est abandonné. C’est une sage décision. Elle résulte avant tout de la mobilisation sans relâche des militants écologistes, décroissants, paysans, citoyens qui ont su montrer que ce projet était insensé.
    Du point de vue écologique, il était en contradiction avec les objectifs de la lutte contre le dérèglement climatique.
   Du point de vue économique, comme l’ont exprimé dernièrement les spécialistes du transport aérien, il était voué à l’échec car le transport international sera de plus en plus concentré sur de grands aéroports (en France Roissy et à un degré moindre Lyon). Des villes telles que Nantes ou Strasbourg n’auraient aucune chance de concurrencer ces grands aéroports.
    Ceux qui critiquent la décision prise ce mercredi montrent que leur pensée est celle d’un autre temps.

mercredi 17 janvier 2018

Sous la tente



Photo : Carol Ross (freerangestock.com)
   

  C’est un camping que j’ai connu. Les installations étaient rudimentaires : quelques robinets et quelques douches, des toilettes suffisaient. On vivait au milieu de la nature, on pratiquait la simplicité volontaire que Henri-David Thoreau préconisait. La tente était l’abri où l’on passait la nuit, le jour on découvrait la région où l’on s’était arrêté.
C’est de cette façon que j’ai voyagé dans ma jeunesse avec une petite tente canadienne et que j’ai visité la Normandie et ses plages du débarquement, puis les Pays-Bas, la Suisse, l’Italie, la Provence...
La tente s’est agrandie quand il fallut abriter quatre personnes. Nous l’avons installée au bord de la Loire, au pied du Puy de Dôme, à proximité des grottes de Dordogne (Les Eyzies)…


Dormir sous la tente procure un sentiment de liberté. Bien sûr, il y a aussi des moments qui peuvent être angoissants. Je me souviens de terribles orages sur la montagne et d’un arbre qui s’était abattu sur une caravane à quelques mètres de nous. Une autre fois, à la suite d’un violent orage, l’eau avait pénétré dans la tente et nous avons dû au milieu de la nuit changer de place.


De nos jours, les gens veulent plus de confort, des piscines, une animation organisée. Ils se pressent dans ces campings par centaines comme ils le font toute l’année dans les supermarchés ou les gares.

En longeant la Garonne








La Garonne à Marmande

Suivre le fleuve

   Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert la Garonne sur une grande carte que l’instituteur avait fixée au tableau. Grâce à sa baguette, on suivait le cours du fleuve de la source à l’estuaire ; on entendait le nom des principales villes traversées. Puis venaient les affluents de droite et ceux de gauche.
   La Garonne devenait ensuite, sur nos cahiers, une ligne bleue qui serpentait tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite. C’était une sorte de squelette de poisson biscornu, avec ses arêtes irrégulières. On apprenait tout cela par cœur.
   Nous savions  situer dans l’espace des noms de villes et de rivières, mais il faut bien le dire, nous ne savions rien de la Garonne.   Car pour comprendre le fleuve, il faut le suivre de la source à la mer, il faut appréhender les liens qui se sont noués entre lui et les hommes, il faut saisir sa dimension culturelle et poétique.
   Seuls les voyages nous permettent de bien connaître un fleuve.

La Garonne à Toulouse

    Suivre la Garonne du val d’Aran où elle n’est qu’un maigre filet d’eau impétueux jusqu’à la Gironde est un but de voyage qu’on peut faire en plusieurs fois. En s’intéressant aussi aux affluents, on a alors l'occasion de visiter les villes traversées par les cours d'eau..
Cette expérience, je l'ai vécue, et c’est ainsi que petit à petit j’ai pu me faire une idée assez juste de la Garonne, en me promenant le long de ses berges à Toulouse, Agen et Marmande, puis à Langon et à Bordeaux où j’ai découvert une Gironde majestueuse.
   J’ai vu avec quel talent les bâtisseurs du passé avaient su relier les rives en construisant des ponts qui s’harmonisaient avec le paysage et mettaient le fleuve et les rivières en valeur : sur la Garonne à Marmande, sur le Tarn à Albi, sur le Lot à Cahors, sur le Gers à Lectoure, sur la Baïse à Nérac, pour n’en citer que quelques-uns. 
    Malheureusement l'homme moderne, oubliant la sagesse des anciens, a pillé le fleuve et l'a exploité à  outrance, mettant en péril les poissons migrateurs (l’esturgeon, la lamproie, l’alose et l’anguille).


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