L'agriculture dite durable




Le dernier salon de l'Agriculture de Paris
était placé sous le signe du développement
durable.
Les discours qui s'y sont tenus, en particulier
celui du Président de la République, ont montré
une nouvelle fois les aspects hypocrites et
contradictoires de cette expression développement
durable dont le sens - surtout dans la bouche de
partisans du libéralisme - est très éloigné d'une
vision écologique du monde.
Comment peut-on se réclamer de la défense de
l'environnement tout en proposant au nom de
la concurrence économique de s'affranchir des
engagements du Grenelle de l'environnement
qui pourtant n'étaient pas très ambitieux : nulle
part on y lisait l'abandon du productivisme et
de ses pratiques nuisibles ?
Le défi posé à l'agriculture mondiale est énorme.
Dans un contexte qui voit régulièrement baisser
le nombre des surfaces agricoles cultivées, il
s'agit à l'horizon 2050 de nourrir une population
mondiale qui pourrait atteindre 9 milliards
d'habitants, en rétablissant l'équilibre en faveur
des pays du Sud.
Même si ce chiffre n'est pas atteint - ce qui me
paraît souhaitable - poursuivre dans la voie prise
il y a une quarantaine d'années est impensable :
cela conduirait à une dégradation insupportable
de l'environnement et maintiendrait le déséquilibre
entre pays riches et pauvres.
La seule alternative réaliste est d'aller vers une
une agriculture naturelle comme le préconise
le mouvement paysan La Via campesina.
Ses initiatives sont une source d'espoir pour
l'avenir.

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