Le loup, l’éleveur et l’antispéciste

Photo Freerange Archives


   Les rapports entre l’homme et le loup suscitent à nouveau de nombreuses discussions à tel point que Le Midi libre a récemment mis le sujet à la une de son journal et y a consacré deux pages. En Lozère et en Aveyron, départements d’élevage ovin, deux visions différentes s’expriment : les uns sont partisans d’une nature maîtrisée par l’homme, les autres prônent le retour à une nature sauvage dans laquelle le loup aurait toute sa place.

   Selon le journal, 11 attaques de troupeaux ont eu lieu en Aveyron l’an dernier ( 8 à ce jour en 2016) et 72 en Lozère en 2015 ( 7 cette année).
Il faut d’abord préciser qu’il n’est pas certain que ces attaques soient dues au loup; elles entrent dans la catégorie “ loup non exclu”  qui permet d’indemniser les éleveurs. Les attaques peuvent provenir d’autres animaux.

    Le représentant local de la Confédération paysanne estime que “ la cohabitation  entre l’agropastoralisme  et le prédateur n’est pas possible”. Il propose une solution étrange : éduquer le loup” et n’est pas favorable au retour des brebis à la bergerie la nuit car cela augmenterait le temps de travail.
C’est pourtant la solution choisie par certains éleveurs.

   Dans cette affaire, quelle est la position de l’État ?
Il dépense des milliers d’euros pour installer des clôtures et indemniser les éleveurs. Dans le parc national des Cévennes, on applique le plan national Loup; la ministre de l’Écologie a autorisé en 2015 des “ tirs de défense”. Le préfet de Lozère a annoncé au Midi libre qu’il étudiait “la possibilité de prendre à la mi-juillet un arrêté de prélèvement renforcé pour le Méjean”.

   Chez les écologistes, la position n’est pas toujours claire. Au nom de la biodiversité, on dit qu’il faut protéger l’espèce mais certains ne sont pas opposés à une “ régulation” qui, en d’autres termes, signifie l’abattage de loups.

   La logique antispéciste ne souffre, elle, d’aucune ambiguïté : pour les partisans des droits de l’animal, le loup est un être qui éprouve en liberté un plaisir de vivre que l’homme ne peut interrompre. 
- Mais il lui arrive de tuer des agneaux, des brebis ! Et c’est le travail des éleveurs qui en pâtit ! entend-on souvent.
À cela je réponds : Le responsable de cette situation n’est pas le loup mais l’homme qui depuis des siècles et à un rythme accéléré depuis cent ans a réduit et saccagé les espaces naturels où les animaux sauvages vivaient. Ces moutons naissent pour être abattus la plupart du temps dans des conditions inadmissibles. L’antispéciste refuse qu’on exploite et qu’on tue des animaux non humains.

   Dans un futur plus ou moins proche le métier d’éleveur aura disparu, d’autres métiers apparaîtront et les animaux destinés aujourd’hui à produire de la viande retrouveront la liberté.
     

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