L’image du week-end : Un port


Fête de la mer à Boulogne

Souvenirs d’un port   

    Le port fait partie de mon horizon depuis l’enfance. Celui de Boulogne fut d’abord pour moi un lieu de promenade. Le dimanche, dans la foule qui marchait le long des quais, je regardais avec curiosité les mouettes qui s’approchaient de nous, les bateaux qui avaient tous un nom. Nous  avancions jusqu’à la jetée et là, chaque fois,  je contemplais la mer, ébahi.

    Pour l’enfant et le poète, le port est avant tout le lieu où naissent les  rêves de voyages. En regardant les paquebots qui sortaient du port, j’imaginais être un de ces passagers qui partaient pour de lointains pays. En réalité, ils allaient  vers l’Angleterre toute proche...

    Et puis de temps en temps, il y avait de fabuleux bateaux qui faisaient escale : des voiliers anciens qui avaient traversé toutes les mers. Les livres de Joseph Conrad et de Pierre Loti entretenaient les rêves.

   En grandissant j’ai compris que le port est d’abord un lieu qui fournit du travail aux hommes. En voyant les caisses remplies de poissons, je pensais à la vie rude des marins et des dockers. Les poèmes de Victor Hugo m’avaient appris les drames causés par les tempêtes et l’angoisse des femmes de marins.

    Toutes ces images, ces sentiments ne s’effacent jamais. Elles resurgissent quand je me promène sur les quais d’un de ces ports à taille humaine de Bretagne, de Normandie ou de la Côte d’Opale que j’aime tant.

     (Mais je fuis les ports gigantesques si tristes où les  hommes sont quasiment absents).

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