La symbolique du mur


Remparts de Boulogne-sur-mer


Mur, muraille


   Le couple qui rêve depuis plusieurs années d’avoir sa maison regarde avec joie le mur qui commence à monter. Il a hâte de voir la maison achevée.
Pour le particulier le mur représente l’abri, c'est l'un des éléments essentiels de la maison qui protège du froid, de la pluie et du soleil brûlant.

   Pour la collectivité – ville ou état – le mur a été dans le passé un moyen de se protéger de potentiels ennemis. 
   Dès le 3e siècle avant J.-C. les Chinois commençaient à construire la  Grande Muraille, la plus longue au monde (environ 6700 km) afin de protéger la frontière nord de la Chine.
   Plus tard, en Europe, à une époque où les risques d’attaques étaient grands, les hauts murs des châteaux forts exerçaient eux aussi une fonction protectrice. Dans les villes, les remparts, avec leurs murs de soutènement qui retenaient une imposante masse de terre, résistaient aux boulets qu’envoyaient les canons.

   À partir du 20e siècle, le mur a changé de statut ; il était protecteur, il est devenu outil de séparation, de ségrégation.

  En 1940, à Varsovie, les nazis persécutent les Juifs.  Dix-huit kilomètres de murs enferment la communauté dans un ghetto où s’entassent près de 400 000 personnes, 80 000 d’entre elles y perdront la vie. Aujourd’hui encore, des morceaux de mur subsistent, témoignage de la barbarie de l’époque.

   Autre mur de la honte : celui de Berlin dressé en pleine guerre froide en 1961 par la République démocratique allemande pour séparer Berlin-Ouest « la fasciste » selon les dirigeants de la RDA, et Berlin-Est « l’antifasciste ».
Ce mur surveillé par 14 000 gardes et 300 miradors ne fut détruit qu’en 1989.

   Plus près de nous, la préfecture du Pas-de-Calais annonçait le 12 décembre 2016 la construction d’un mur de quatre mètres de haut et d’un kilomètre de long près de la rocade de Calais, destiné à empêcher les réfugiés de partir en Angleterre. Ce n'était sûrement pas la meilleure réponse à apporter au problème des migrations causées par les persécutions ou la misère.

  Enfin, un autre mur de la ségrégation est annoncé le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, suite à l’élection du xénophobe Trump. Il s’agit en fait de renforcer la barrière existante pour la rendre imperméable. Le coût des travaux est estimé à 25 milliards de dollars.
En 2007, l’Union européenne avait estimé que « les immigrants doivent être traités « comme des personnes, pas comme des criminels ». Mais ce n'est pas la vision de M. Trump.









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