Le bloc-notes ( du 7 au 13 février 2017) : n°76

   J’avais décidé en mars 2015 d’interrompre la chronique Bloc-notes après 75 numéros. Je la reprends aujourd’hui sous une  forme nouvelle.



Février
Le 7 : C’est la lecture du Journal d’André Gide qui m’a incité à  reprendre le Bloc-notes hebdomadaire. La  spontanéité de l’écriture, la proximité avec les événements, la liberté qu’offre cette forme d’expression me plaisent.
Dans son Journal, Gide passe d’un sujet à l’autre selon ses activités. Il donne un avis sur un livre, parle d’un voyage qu'il a fait, d’une pièce de théâtre, de musique, de son jardin…
Nulle contrainte dans cet exercice qui, contrairement au poème, ne nécessite pas de retouches.
                                                                   

Le 8 : Chaque matin, mon premier geste est d’ouvrir la fenêtre de la chambre et de jeter un regard sur le jardin et la colline, ses prés et ses champs. Je ne saurais vivre dans un univers de béton. La présence de la nature m'est nécessaire.
                                                                  
Le 9 : Chaque semaine, la lecture du Canard enchaîné apporte un plaisir dont je ne me lasse pas. Les années passent... Quand De Gaulle était au pouvoir, les échos de la Cour me faisaient bien rire, aujourd’hui les propos attribués à la Pénélope de notre temps  sont toujours aussi savoureux. Mais au-delà de l’humour, le Canard est un journal d’investigation indispensable. Sans lui Mr Fillon aurait entamé une campagne peinarde. Rattrapé par la vérité sur ses pratiques d’élu, son discours sur l’austérité est devenu incongru.

Le 10 : Le comportement des policiers qui ont frappé et humilié le jeune Théo est inadmissible, celui de la corporation qui a tendance à minimiser ces actes est lui aussi insupportable. Il y a parmi les policiers des racistes qui à longueur de journée font des contrôles d’identité basés sur le faciès.
Cette pratique existe depuis des décennies. Il faut y mettre fin.
                                                                             
Le 11 : Surprise au réveil : pendant la nuit, les flocons ont recouvert le paysage. Devant la neige l’adulte s’émerveille comme l’enfant qu’il a été. La couche blanche qui recouvre le sol et les toits est source de poésie.

Le 12 : J’ai tendance à me méfier des critiques dithyrambiques qui présentent un nouveau film. À sa sortie, La la Land avait reçu des avis très favorables. Film musical (genre où l’on côtoie trop souvent le pire) réalisé par Damien Chazelle, La la Land ne m’a pas déçu. Si l’histoire peut sembler banale (la rencontre d’une serveuse qui rêve de devenir actrice et d’un pianiste de jazz), elle est traitée de façon originale, les acteurs sont excellents, la musique est superbe. On est séduit par l’enthousiasme qui se dégage de ce film.
                                                                     
Le 13 : Je reprends la lecture des Propos sur l’éducation d’Alain, un livre publié en 1932. La modernité d’Alain apparaît dans chaque page.
Quand il écrit par exemple dans le chapitre 25 : « Si le maître se tait, et si les enfants lisent, tout va bien », c’est le cours magistral pratiqué encore de nos jours qui est condamné.




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