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dimanche 15 avril 2018

Créer, résister


BRANCUSI - Melle POGANY 

   Dans la notion de création, il y a toujours, me semble-t-il, l'idée de résistance.
Sous les coups du burin, le marbre de Carrare résiste avant de devenir visage ou allégorie.
La souche de vigne résiste quand la gouge du sculpteur la transforme en corps de femme.
Les mots, matériau impalpable que le poète assemble avec la patience de l'artisan, résistent souvent plus durement que la pierre.

   Son œuvre terminée, désormais immuable, l'artiste la confie au regard des autres avec une certaine inquiétude. Pour le poète qui abandonne ses mots au moment de les publier, ceux-ci restent des choses  inachevées.
Le créateur ne cesse de douter ; il se remet sans cesse en question. En ne cédant pas à la facilité, il va vers l’idéal.

   Le (ou la) véritable artiste résiste aux pièges que lui tend la société. Souvent celle-ci ne lui convient pas ; il en imagine une autre qu’il ne connaîtra sans doute jamais mais il croit au pouvoir des utopies.
S’il refuse la médiocrité, il déteste le pédant, le prétentieux qui se complaît dans la satisfaction permanente.
   Créer, c’est résister, telle est sa devise.



mardi 10 avril 2018

LA TURQUIE

    J’ai fait deux voyages en Turquie, à une époque où régnait la démocratie. J’ai séjourné à Istanbul où quatre parties de la ville sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO et à Kusadasi, station balnéaire sur la mer Égée, proche d’Éphèse connue pour abriter l’un des plus beaux sites antiques du monde. Pour les richesses naturelles et architecturales qu’elle contient, la Turquie mérite qu’on la visite, d’autant plus qu’on est bien accueilli dans les restaurants, les hôtels et les magasins.
     Depuis plusieurs années, la Turquie souffre d’être dirigée par un personnage qui bafoue les droits de l’Homme. Il faut espérer que les Turcs retrouvent le plus tôt possible leur liberté.

Éphèse


Photo : Ivlaomi - pixabay.com



    Dans un paysage de collines où poussent les arbres fruitiers et les oliviers, le site d’Éphèse étonne par sa grandeur et le nombre de monuments et bâtiments qui ont résisté au temps, aux catastrophes et aux guerres. Ceux-ci rappellent la vitalité d’une ville qui fut dans l’Antiquité un centre intellectuel et artistique important. Les temples, les ruines du prytanée qui fut une sorte d’hôtel de ville, le théâtre circulaire, le panthéon… permettent de se replonger dans le passé mouvementé d’Éphèse qui connut plusieurs dominations : celles de la Lydie, des Perses, d’Athènes, de la Macédoine.

    Parmi les intellectuels d’Éphèse, le plus connu fut Héraclite (VIe siècle avant J.-C.).

  Après avoir honoré Artémis, la déesse de la nature sauvage et de la chasse, les habitants se tournèrent vers le christianisme. À sept kilomètres d’Éphèse, le touriste peut visiter un petit bâtiment appelé la Maison de Marie où aurait vécu la mère de Jésus.


Istanbul


TOPKAPI - photo BJ.CARON
     Le nom actuel de la capitale turque a été adopté en 1930. Auparavant la ville fut appelée Bizance puis Constantinople.
  Istanbul, qui compte environ quinze millions d’habitants, est bâtie sur les rives du Bosphore, c’est-à-dire en Europe d’un côté, et en Asie de l’autre. On la considère généralement comme une capitale européenne car c’est sur cette partie que se trouvent les monuments historiques.
    Cette situation particulière explique l’influence forte de trois religions : la chrétienne, la musulmane et l’orthodoxe.
  Pour le choix de ses visites, le voyageur n’aura que l’embarras du choix. Citons entre autres quelques monuments à voir : la Mosquée Bleue, l’église Sainte-Sophie, le palais de Topkapi, le palais de Dolmabahçe. Une promenade vers le détroit du Bosphore permet d’avoir une vue superbe sur la ville.


vendredi 6 avril 2018

LES MOTS



LA COULEUR DU RAISIN


    Le pouvoir des mots est magique. Impressions fugitives qui deviennent poèmes, personnages sortis de l'imagination autour desquels s'articule le roman, et dans la vie de tous les jours, échanges entre les êtres, tout passe par les mots.
    Leur utilisation n'est pas toujours aisée : les mots ont souvent plusieurs sens, ils ont une résonance particulière pour chacun de nous ; il y a aussi, d'un
pays à l'autre, la barrière de la langue.
   Les mots techniques ou savants utilisés par le philosophe ou le médecin risquent de ne pas être compris par de nombreuses personnes, des mots du langage courant peuvent aussi contenir des erreurs d’appréciation ; c’est le cas de la couleur du raisin.

    Chez le marchand, vous demandez une livre de raisin blanc et une livre de raisin noir, presque machinalement, parce que depuis toujours vous avez entendu désigner ainsi les couleurs du raisin.
  Si vous regardez le grain de couleur claire, il est évident que l'épithète blanc lui sied très mal : ce " blanc" ne peut être comparé à celui de la neige ou au blanc de la robe de mariée.
   Selon les variétés, la couleur de ce raisin tire sur le vert (mais parler de raisin vert, c'est évoquer un fruit qui n'est pas mûr). Disons plutôt qu'il est verdâtre avec des parties jaunâtres et parfois même dorées. Seule une description précise, telle que la fait un scientifique ou un écrivain peut  qualifier sa couleur.

    Le grain de couleur foncée pose les mêmes interrogations. Le noir qu'on lui attribue n'est pas celui du charbon ou de l'habit de deuil. Sa couleur peut tirer vers le rouge ou le violet. Rouge violacé pourrait alors convenir. Mais certains grains sont plutôt bleus. C'est d'ailleurs sous cette couleur que le néerlandais le désigne (blauwe druif).

    Que conclure de ces quelques remarques ?
D'abord il faut admettre que l’utilité du langage est évidente puisque celui-ci permet la communication entre les êtres mais en même temps lorsqu’elle se fait par le biais des mots on risque de créer des malentendus liés à leur complexité et au fait que ces mots peuvent être perçus différemment d’une personne à l’autre.

    Il faut donc se méfier d’eux et les manier avec prudence. Ésope l’avait déjà dit en son temps : « La langue est la pire et la meilleure des choses. »

jeudi 5 avril 2018

LA SEINE




    Quand on regarde couler la Seine, d’un pont de Paris ou de Rouen, on a d’abord l’image d’un fleuve tranquille. C’est vrai que, de la source à l’estuaire, la Seine avance paresseusement et ses nombreux méandres témoignent du mal qu’elle se donne pour parvenir jusqu’à la mer. Cela ne l’empêche pas d’avoir de temps à autre des sautes d’ humeur terribles qui la poussent à sortir de son lit. C’est ainsi que la crue de janvier 1910 a bouleversé le quotidien des Parisiens pendant plus d’un mois.

    Depuis des siècles, la  Seine a inspiré les poètes et les peintres : Apollinaire a chanté le pont Mirabeau, Brassens a exprimé sa verve en parlant du pont des Arts, Victor Hugo a dit sa douleur lorsque sa fille Léopoldine et son beau-fils se sont noyés à Villequier ; Corot, Monet, Sisley et bien d’autres l’ont peinte.

   La  beauté de la Seine,  je l’ai vraiment ressentie à bord d’un bateau qui nous avait conduits de Rouen à Honfleur où nous avions dormi avant de reprendre le chemin inverse le lendemain.
    Au fil de l’eau, les villages normands se succèdent lentement, avec leurs prairies et leurs petits chemins. Plus on approche de l’estuaire et que le fleuve s’élargit, plus les ponts deviennent imposants, jusqu’à ce que surgisse le pont de Normandie qui surplombe l’ estuaire, avec ses énormes pylônes de béton pointés vers le ciel, ses haubans et son tablier  pentu.
  En regardant le paysage ce jour-là, j’avais l’impression que la grandeur était davantage dans le spectacle du fleuve qui va à la rencontre de la mer que dans cet ouvrage de la démesure.

GAND (Belgique)

 



    En venant de Dunkerque, la route qui mène à Gand traverse le plat pays que chantait Brel ("mijn platte land, mijn vlaanderen land"), C'est en traversant la Belgique qu'on se rend vraiment compte à quel point Jacques Brel - dont les chansons continuent de toucher les gens du monde entier - a été influencé par ses racines belges. De nombreuses chansons font d'ailleurs référence à son pays natal. C’est le cas du Plat pays, de Marieke ("le ciel flamand pleure avec moi de Bruges à Gand"), et de Mon père disait (" C'est le vent du Nord qui fait tourner la terre autour de Bruges")...
     Il n'est pas étonnant que Gand ait plu à Jacques Brel. Il a pu apprécier le charme de ses canaux, de ses maisons anciennes et de ses petits bistrots où " ça sent la bière". Mais un autre fait mérite d'être signalé : le caractère rebelle de la ville correspond à celui du chanteur. En effet Gand n'a cessé de s'insurger tout au long de son histoire.
En 1280, elle lutta contre les riches drapiers,en 1469 contre Charles le Téméraire, huit ans plus tard contre Marie de Bourgogne, puis contre Charles Quint.

     Le centre historique a gardé toute son authenticité. La ville a adopté il y a quelques années un plan de mobilité dont le but est de réduire la place de la voiture. L'automobiliste est prié de laisser sa voiture à l'entrée de la ville, dans un des parkings, et de visiter la vieille ville à pied ou en barque. Seuls des bus et des tramways de la dernière génération circulent dans cette partie de la ville. 

    Comme toutes les villes anciennes - Venise notamment - où les fondations des maisons sont au contact de l'eau, la municipalité de Gand a dû entreprendre ces dernières années des travaux de restauration afin de garder son attractivité.
    Son action en faveur de l’environnement est un atout supplémentaire pour le tourisme. 

Nérac





    Au sud du Lot-et-Garonne, la petite ville de Nérac (environ 7000 habitants) est le joyau du pays d’Albret.    La bourgade s’est construite au fil des siècles autour du château qui n’a conservé qu’une de ses quatre ailes et le long de la Baïse dont on peut suivre le cours en découvrant le vieux Nérac ou en flânant dans le parc de la Garenne.
    Au premier regard, c’est la rivière qui attire l’attention : sa couleur café au lait lui donne un aspect boueux qui apparemment ne rebute pas le pêcheur à ligne.Ici les rues, le parc, sont chargés de souvenirs. On pense bien entendu à Henri IV qui vécut pendant cinq ans au château, à la reine Margot qui aimait, raconte-t-on, les promenades dans le parc.    Nérac évoque aussi les heures sombres des guerres de religion, les morts inutiles de la Saint-Barthélémy.    Aujourd’hui la ville est apaisée. Dans le parc, en passant devant la statue de Feurette, le promeneur qui ignore l’histoire de la jeune fille poursuit sa route
sans émotion. D’autres s’attardent devant la statue qui orne l’entrée de la grotte et cherchent vainement la vérité.
Ils avaient imaginé une adolescente pauvre, morte d’avoir été délaissée par le prince qu'elle aimait, comme le racontait la légende, une jeune fille timide, trop prude sans doute pour exhiber son maigre corps. Ils découvrent une femme lascive, impudique.
Où était donc la vérité ?
— Sous le burin de l’artiste qui avait taillé la pierre ou dans l’imagination de celui qui avait inventé la légende ?
L’Histoire nous apprend que la jeune fille est morte bien plus tard. Elle a donc pu suivre la carrière du prince devenu Henri IV.

LE BUNGALOW

LE CHARME DE LA NATURE

ET LE CONFORT





  
    Il y a plusieurs types de voyageurs : les aventuriers peu soucieux de leur confort et qui n’hésitent pas à prendre quelques risques pour éprouver des sensations fortes et ceux qui apprécient la tranquillité et un certain luxe ; ceux-là détestent l’imprévu. Et entre les deux, il y a les voyageurs qui aiment le contact avec la nature et ont besoin d’un confort minimal. Ceux-ci dans leur jeunesse pratiquaient le camping sauvage et chaque jour ils partaient à la découverte de nouveaux paysages. Puis lorsqu’ils ont eu des enfants ils se sont installés pendant quelques jours ou plusieurs semaines dans des campings équipés de douches et parfois de piscine. Et puis ils ont fini par opter pour davantage de confort tout en gardant leur amour de la nature et de la liberté: ils ont choisi le bungalow qui évite les contraintes de l’hôtel et les désagréments de la tente.
Équipé d’une cuisine, comportant plusieurs chambres et une terrasse, le bungalow est souvent installé dans un cadre reposant, parfois magnifique, au milieu des arbres, adossé à une montagne, au bord d’un lac ou à proximité de la mer.


Si l’on choisit bien l’endroit où il est installé, il est possible de délaisser la voiture pendant plusieurs jours et de découvrir à pied les environs : les beautés de la nature, le charme des vieux villages. Si l’on a la possibilité de voyager en dehors des périodes de vacances et qu’on apprécie le calme, le bungalow est alors le mode d’hébergement idéal pour reprendre contact avec la nature.



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