Jusqu'où le singe est-il un homme ?




Pendant des siècles, la philosophie occidentale a négligé l'étude de l'animal, considéré uniquement comme un auxiliaire de l'homme, utile pour effectuer de durs travaux, pour lui fournir sa viande, pour le distraire ( bêtes de foires, de cirques, corrida),pour tester médicaments et produits divers.
Depuis des siècles, des animaux ont été sacrifiés,ont enduré les pires souffrances à cause de cette attitude.
Ces dernières décennies, l'éthologie, la psychologie animale, ont permis de faire évoluer les rapports que l'homme entretient avec l'animal.
Les récentes études ont mis à mal les conceptions anciennes et ont montré que la frontière entre l'humain et l'animalité n'était pas aussi claire qu'on le pensait.
Ainsi, la référence à l'outil ─ utilisée autrefois pour définir cette frontière ─ n'est plus pertinente : dans son livre Nouvelle Histoire de l'Homme Pascal Picq rappelle que de grands singes se servent de pierres ou de bouts de bois pour casser des noix de coula aux coques très dures. De même, le séquençage de l'ADN démontre que les grands singes africains - chimpanzés et gorilles - sont plus proches de l'homme que des grands singes asiatiques.
Les observations faites récemment par une équipe de l'Université de Sterling (Ecosse) sur le comportement des chimpanzés apportent de nouveaux éléments.
Ayant assisté à la mort d'une femelle qui avait vécu plus de 20 ans avec d'autres chimpanzés, James Anderson, professeur de psychologie ayant participé à ces travaux a déclaré :
" Certains des comportements (des chimpanzés) étaient fortement similaires aux réactions d'humains confrontés à la mort de leurs semblables."
En effet, alors que la vieille femelle se mourait, ses compagnons l'avaient caressée, puis avaient vérifié qu'elle ne bougeait plus ; ensuite, sa fille avait passé la nuit près d'elle.
Les défenseurs de la cause animale trouveront dans les progrès de l'éthologie de nouveaux arguments en faveur de leur lutte.

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