EN FINIR AVEC LE PIB

Mettre en pratique un véritable développement soutenable suppose qu'on se débarrasse des travers du modèle actuel qui a creusé les inégalités sociales et mis en danger la planète sur le plan environnemental.

 L’évolution vers une société responsable, plus juste, plus humaine, nécessite un changement des mentalités et une autre conception de l’économie. Nous nous heurtons aujourd’hui au fait que la plupart des économistes font preuve d’une méconnaissance affligeante de l’écologie. 

 L’abandon du PIB, indicateur choisi pour mesurer la santé d’un pays, devrait être le premier symbole d’une économie réconciliée avec l’écologie ( aucun élément qualitatif n'étant introduit dans son calcul, toutes les activités - y compris les accidents de la route, les marées noires,les inondations... - contribuent à augmenter le PIB, ce qui le rend absurde). 


Quel serait l' indicateur idéal?
D'autres unités de mesure existent déjà. Le PNUD (programme des Nations Unies pour le développement) utilise l'indice de développement humain. Cet indice n'est pas satisfaisant car il ne prend en compte que trois éléments : le niveau de santé, représenté par l'espérance de vie à la naissance ; le niveau d'instruction, représenté par le taux d'alphabétisation des adultes et le nombre moyen d'années d'études et le revenu représenté par le PIB par habitant après une double transformation tenant compte de la différence de pouvoir d'achat existant d'un pays à l'autre et du fait que le revenu n'augmente pas le bien-être
d'une manière linéaire.

Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige le PIB en prenant en compte les pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement.
Depuis 1995, un institut californien (Redefining Progress) propose un IPV ( indicateur de progrès véritable) qui tient compte non seulement du coût écologique mais aussi de la " vraie richesse" ( entre autres l'activité bénévole et le travail domestique)

Dans cette recherche d'indice alternatif, deux expériences   faites en Suisse auprès d' agriculteurs et  au Canada méritent d’être signalées. La seconde a adopté une démarche citoyenne appuyée par les réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP) qui ont aidé les citoyens à identifier les indicateurs techniques correspondant aux thèmes qu'ils avaient choisis. Elles avaient pour but de définir un indice de qualité de vie et de bien-être.
Les citoyens canadiens concernés ont donné la priorité, dans l’ordre, aux  droits démocratiques et à la participation, à  la santé, à  l'éducation, à l'environnement.
L'économie et l'emploi arrivent  loin derrière les droits démocratiques. Cela confirme d'une manière brutale l' archaïsme du PIB.
Le premier signe du changement sera l'abandon de la référence au PIB  et la mise en place d'un indicateur englobant les multiples critères de la qualité de la vie. 


Texte mis à jour le 16 août 2012


Commentaires