Choses vues cette semaine

Choses vues, lues, entendues : des réflexions sur des scènes que j’ai vues (dans la réalité ou sur des écrans), des propos entendus, d’autres inspirées par des lectures (articles, livres)...



CHOSES VUES

   Chaque jour, dans la rue, lors de nos promenades, nous assistons à des scènes banales, parfois peu ordinaires; sur nos écrans des milliers d’images défilent devant nos yeux et nous n’en retenons que quelques-unes; de temps à autre ou régulièrement, dans une salle de cinéma ou de spectacle, dans un musée,  d’autres images retiennent notre attention à cause de leur beauté ou de leur originalité. La plupart de ces choses vues s’effacent rapidement de notre mémoire, certaines y restent longtemps gravées.
L’écriture permet de fixer l’instant qui nous a plu, ému  ou étonné.

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Julieta :  Aller au cinéma pour voir un film de Pedro Almodovar, c’est la promesse d’un moment qu’on ne regrettera pas. Sa dernière œuvre,  Julieta, n’échappe pas à cette règle. Certains critiques avaient jugé le réalisateur espagnol trop assagi, embourgeoisé. Il n’avaient pas retrouvé dans Julieta l’audace qu’ils avaient vue dans Attache-moi ou Talons aiguilles

   J’ai beaucoup aimé ce film qui reprend le thème favori d’Almodovar, les rapports entre parents et enfants, plus précisément entre une mère et sa fille. Julieta - rôle interprété par deux excellentes actrices, Emma Suarez et Adriana Ugarte (Julieta jeune) - est une mère dont la fille n’a pas donné de nouvelles depuis une dizaine d’années. Elle décide de lui écrire pour expliquer ce qu’elle n’a jamais pu lui dire. Sur ce scénario  somme toute simple, Almodovar construit un film émouvant  qui montre le dégât que provoque une séparation qu’on n’a pas comprise.

Verdun : La bataille de Verdun a été l’un des épisodes tragiques de la première guerre mondiale. Elle a duré dix mois et fait 700 000 victimes parmi les soldats français et allemands.
   La guerre ne cause pas seulement des morts, elle brise des hommes en pleine jeunesse. Il suffit de lire les Carnets de la drôle de guerre de Jean-Paul Sartre pour comprendre le processus destructeur. Le soldat est «comme une machine, écrit Sartre, il fournit un travail. Mais c’est un travail improductif.» Il perd toute dignité humaine, il subit « une solitude sans isolement.»
  J’ai écouté à la télévision le discours convenu des chefs d’État allemand et français. Rappeler sans cesse le sacrifice des soldats de 14-18 est sans doute utile  mais la meilleure façon de leur rendre hommage serait de mener une politique de paix qui commencerait par l’arrêt de la production d’armes.
   
Fête des mères : À l’occasion de la fête des Mères, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux de nombreux messages accompagnés de photos et de vidéos montrant des vaches, des brebis, des truies, des poules prenant soin de leurs petits. Une façon de rappeler que l’amour maternel ne concerne pas seulement les humains, il existe aussi chez les animaux non humains. 
Ces messages, conformes à la réalité scientifique, replacent l’Homme dans le règne animal et invitent à revoir les rapports qu'une majorité d'humains ont avec les autres êtres vivants.

Au restaurant :  À de petits détails on se rend compte que les comportements changent. Ma femme et moi étions il y a quelques jours dans un restaurant ; pour nous c’est l’occasion de discuter dans une ambiance agréable autour d’un plat appétissant. J’ai été étonné ce soir-là de voir aux tables voisines  des couples muets, tapotant pendant de longues minutes sur leur smartphone. 
  Quand on devient esclave de la technologie, la convivialité disparaît.


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