Lire et relire La Fontaine



   Jean de La Fontaine est l'un des auteurs français les plus populaires.
Né à Château-Thierry en 1621, il est séminariste à 20 ans, se marie à 26 ans, devient maître des eaux et forêts en 1652, père en 1653.
Sa première publication est une pièce (1654).
Les Contes et les Fables ont été écrits entre 1665 et 1694.
Il est mort en 1695.
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   Depuis que l'école gratuite existe, les instituteurs ont contribué à faire la renommée de La Fontaine. Plusieurs générations d'élèves, à partir de la fin du 19e siècle, ont appris à l'école Le laboureur et ses enfants, La cigale et la fourmi, Le corbeau et le renard, Le loup et le chien…et ont retenu la morale de ces histoires :
« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »
« Plutôt souffrir que mourir
C'est la devise des hommes. »
« La raison du plus fort est toujours la meilleure... »

    Mais qui a vraiment lu l'ensemble des fables qui représentent douze livres ?
Un jour, dans une librairie, je tombai sur un livre imposant ; toutes les fables de La Fontaine y étaient rassemblées et elles étaient illustrées par Gustave Doré.


Daphnis et Alcimadure - Illustration de Gustave Doré

   S’il met souvent en scène des animaux, La Fontaine décrit aussi la société de son époque à travers des personnages, tels que l’avare et la veuve.
Dans L'Avare qui a perdu son trésor, on voit un homme abattu par le vol de sa fortune. Un passant plein de bon sens, sachant que l'avare ne touchait pas à son argent,  lui conseille alors de mettre «  à la place une pierre /Elle vous vaudra tout autant ».
Dans La jeune veuve, c’est une femme inconsolable qui apparaît ; elle est si triste qu'elle veut entrer au couvent. Peu de temps après, elle demande à son père :
« Où donc est le jeune mari/Que vous m’avez promis ?.. »

Et l’on retrouve dans chaque fable une morale qui est venue jusqu’à nous :
« Plus fait douceur que violence » (dans Phébus)
« Aide-toi, le ciel t’aidera. » ( Le charretier embourbé).

   La Fontaine est aussi l'auteur d'un livre moins connu que les fables. Il s'agit des Contes et Nouvelles en vers, un ouvrage qui dans sa forme ne correspond sans doute plus au goût de notre époque. Qui, en effet, est prêt de nos jours à se plonger dans un livre dont les 440 pages sont écrites en vers ?
À leur sortie, les Contes furent très critiqués. L'auteur sortait de ses thèmes habituels pour raconter des histoires croustillantes qui choquèrent les prudes. La gaudriole ne plaît pas à tout le monde et encore moins aux hypocrites.

   On a souvent reproché par ailleurs à La Fontaine de s'être beaucoup inspiré d'auteurs anciens (Horace, Pétrone, Boccace, Ésope…) C'est vrai, mais il faut reconnaître que sa version est souvent  plus agréable à lire que l'œuvre originale.





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