LA RENTREE




   On peut parler de la rentrée des classes de deux manières : en s’intéressant avant tout à l’aspect humain, psychologique, de l’événement ou d’une manière plus politique en s’interrogeant sur l’état de l’école et son avenir.
  D’un côté, c’est l’émotion, l’appréhension du bambin qui découvre l’école maternelle puis  l’univers de l’école primaire. Pour l’enfant et le  professeur débutant, la première rentrée est un événement qu’il n’oubliera jamais. 

   Loin des vieux souvenirs  qui ont tendance à gommer toutes les choses désagréables, il y a la réalité d’aujourd’hui : pour la première fois, tous les nouveaux profs (et pas seulement les remplaçants comme cela se produisait avant) vont entamer leurs premières heures de cours sans formation — Pauvres enseignants confrontés à la réalité impitoyable d’une classe! Pauvres élèves subissant les erreurs pédagogiques dues à l’inexpérience! Les nouvelles réformes faites hâtivement n’apporteront aucune solution à la dégradation de l’enseignement et, ce qui traduit le mieux l’état de l’école en 2010, de nombreux élèves rentreront en classe sans plaisir, sans envie — je pense aux milliers d’ élèves des lycées professionnels orientés vers des filières qu’on leur a imposées et qui traînent leur tristesse, leur colère, leur nonchalance, dans les classes au grand dam des professeurs qui ne parviennent pas à les intéresser. 
   Ainsi peut-on craindre que cette rentrée  soit une fois de plus celle des  désillusions et de l’enlisement.


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