Carnet de bord (2016 - semaine 18) : Démocratie

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



Démocratie

   Il y a des signes qui en disent long sur l’état de notre démocratie.  
Tels les musiciens du Titanic qui continuaient de jouer pendant que les passagers se noyaient, des ministres entonnent joyeusement un «Hé oh la gauche !» pour dire que tout va bien dans le pays. 
Un ancien président de la République déclare que les jeunes de Nuit Debout n’ont pas de cerveau, alors qu’ils cherchent des solutions nouvelles  pour ranimer la démocratie.
D’un côté l’aveuglement, de l’autre le dédain.

  Depuis deux décennies, les citoyens qui désertent les bureaux de vote sont de plus en plus nombreux. Autrefois, il s’agissait de gens qui préféraient, selon l’expression employée par les journalistes « aller à la pêche » ; dit autrement, c’était un manque de civisme.
Aujourd’hui, les choses ont changé : ne pas aller voter devient un geste politique marquant le refus d’une conception de la politique qui ne satisfait plus les citoyens. 

   Qu’attend-on d’une véritable démocratie ?

   La première des choses est que chaque citoyen participe réellement à la prise des décisions grâce à une information précise sur les projets et à la possibilité de donner son avis. La délégation de  ses pouvoirs à une personne qu’on élit suppose que l’élu-e respecte le programme sur lequel il a été choisi ; on constate hélas que c’est rarement le cas.
Il faut aussi que tous les courants politiques soient représentés proportionnellement à leur force. Dans le système actuel, les assemblées élues ne reflètent pas du tout la réalité politique ( voir la composition des conseils régionaux après les élections de 2015)
Il faut encore que la diversité des milieux sociaux, des professions, soit respectée. Combien y a-t-il d’ouvriers, de chômeurs, à l’Assemblée nationale et au Sénat ?
La République française est dirigée par de prétendues élites dont la plupart sont déconnectées des réalités que vivent les gens. 

   Dans une démocratie véritable, l’égalité des  chances doit être offerte à tout enfant qui naît. Or «l’élitisme» dénoncé plus haut se transmet en France et dans de nombreux pays de génération en génération.
Le rôle de l’Éducation nationale devrait être la réduction des inégalités sociales. Les récentes enquêtes ont montré qu’au contraire, celles-ci se sont aggravées ces dernières années.
C’est ainsi que des élèves de milieu modeste, excellents à l’école primaire et au collège deviennent chauffeurs de bus ou caissières de supermarché, tandis que d’autres, venant de milieu favorisé et peu doués deviendront cadres ou députés.

   Rendre le pouvoir au citoyen, supprimer les injustices flagrantes, voilà ce qu’on attend du renouveau de la démocratie.

Commentaires