La bride sur le cou (semaine 36) : Rentrées



La bride sur le cou:‭ ‬décontracté,‭ ‬détendu,‭ ‬lâché,‭ ‬libre‭ ( ‬Le Robert,‭ ‬dictionnaire des synonymes‭)‬ 

Rentrées‭ 

   Au mois d’août,‭ ‬le pays vit au ralenti :‭ ‬de nombreuses entreprises ferment,‭ ‬il devient quasiment impossible de trouver un plombier,‭ ‬les politiques se taisent  (‬ce qui n’est pas plus mal ‭)‬.‭ ‬Dès que revient septembre,‭ ‬c’est le grand réveil,‭ ‬l’heure de la rentrée.

  Celle des élèves et des enseignants a déjà été évoquée dans ce blog la semaine dernière,‭ ‬sous l’angle historique et psychologique.‭ 
Si nous regardons la rentrée de façon plus profonde,‭ ‬en nous interrogeant sur l’état de l’école et sur son avenir,‭ ‬c’est plutôt l’inquiétude qui domine.‭ ‬Une nouvelle réforme s’annonce,‭ (‬une de plus ‭!‬)  sans que la question essentielle ait été posée :‭ ‬comment enseigner pour réduire les inégalités‭ ‬constatées par le classement Pisa où la France arrive en‭ ‬25e position ‭?

Pour cela il faudrait une meilleure formation des enseignants basée sur la connaissance des processus d’apprentissage,‭ ‬ce qui n’a jamais été la préoccupation de l‭’‬Éducation nationale‭ (‬seules les écoles de type Montessori prennent en compte cette question‭).

   Autre rentrée, celle des politiques. Celle-ci intervient dans un climat malsain. Quand la politique retrouvera-t-elle les objectifs qui devraient être les siens : organiser la société pour que tous les citoyens, quelles que soient leurs origines, leurs idées, leur religion, vivent ensemble paisiblement, dans la liberté et la recherche de l’égalité ?
Tant que la constitution actuelle, complètement dépassée, sera en place, on ne  peut espérer aucune évolution positive.

   Pour les médias, la rentrée est l’occasion de se renouveler. La nouvelle chaîne publique  Franceinfo cherche à se démarquer des autres en traitant l’information de manière plus profonde. Espérons qu'elle réussisse.
On aimerait que le traitement de la culture bénéficie lui aussi d’une approche nouvelle. Comme a su le faire en son temps Jean Vilar pour le théâtre (avec le TNP) il faudrait que la radio et la télé rendent la culture plus attrayante et accessible à tous.

   La rentrée littéraire : comme chaque année, ce sont des centaines de livres qui sont proposés aux lecteurs, ouvrages d’auteurs peu connus ou d’écrivains chevronnés comme Yasmina Reza et Salman Rushdie.

  Parmi tous ces livres, le choix est toujours difficile. C’est le hasard qui m’a fait découvrir La rentrée n’aura pas lieu, de Stéphane Benhamou, un livre qui nous parle de la France en vacances, à la fin du mois d’août. 
  Lassés de la vie quotidienne ennuyeuse et de l'ambiance anxiogène, les gens décident de ne pas rentrer chez eux. Le choix du repos, de la tranquillité comme forme de révolte, ce n’est pas courant. Ce livre plein d’humour et de dérision n’a aucune prétention; sa lecture apporte quelques heures de détente. Ce qui n'est pas négligeable en ce moment.

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