La bride sur le cou (semaine 39)


La bride sur le cou:‭ ‬décontracté,‭ ‬détendu,‭ ‬lâché,‭ ‬libre‭ ( ‬Le Robert,‭ ‬dictionnaire des synonymes‭)‬ 



Entre temps long et urgence

   Les périodes de transition ont toujours été marquées par le doute, l’incertitude, l’exploitation par des esprits conservateurs de la peur du futur en imaginant des scénarios catastrophiques. Nous avons droit à toutes ces manifestations depuis que nous avons changé de siècle.

   Au Moyen-Âge, on annonçait la fin du monde ; de nos jours - parmi d’autres sornettes - c’est le fantasme du grand remplacement que portent quelques «intellectuels » persuadés que la civilisation française (et plus globalement occidentale) est appelée à disparaître à cause de l’immigration.
   Bien sûr, même si elles ne sont basés sur aucun élément scientifique, toutes les théories fantaisistes doivent être combattues car elles polluent le débat démocratique et entretiennent un climat malsain  de préjugés et de haine. 

  Un autre fait caractérise les périodes de transition : elles s’étalent sur un temps assez long, plusieurs décennies, voire plus d’un siècle. Ainsi, le passage du Moyen-Âge à la Renaissance que les historiens ont fixé à l'an 1453, ne s’est pas fait brutalement ; il a été préparé par des évolutions successives dès la moitié du 14e siècle.

    En ce qui concerne notre époque, la société fraternelle, juste et émancipatrice imaginée par les philosophes du 18e et du 19e siècles n’est toujours pas mise en place. Pourtant il existe dans notre pays une demande forte d’évolution sociale et d’amélioration de la démocratie que le parlement actuel - en raison du système injuste imaginé en 1958 - ne représente pas.

   D’autre part, la transition que nous vivons offre une particularité que les précédentes n’avaient pas : elle réclame des décisions urgentes pour lutter contre le désordre climatique. Nous avons seulement quelques décennies pour éviter que le processus devienne irréversible.
  Or cette lutte ne sera gagnée que si un changement radical en ce qui concerne la production, la consommation, le mode de vie, se produit.

   Entre le temps long habituellement nécessaire lors des transitions et l’urgence, on n’a pas d’autre choix que de prendre la seconde hypothèse. Ce qui paraît évident à beaucoup de citoyens n'a pas encore été accepté par bon nombre de dirigeants.
    
   Je ne peux croire que l'humanité acceptera le désastre futur. Des événements exceptionnels, d’origine humaine ou naturelle, imposeront un jour, avant qu'il ne soit trop tard, les décisions urgentes.

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