L'anneau de la mémoire, éducation à la paix



Après la guerre de 14-18, on a longtemps honoré dans tous les villages et les villes   la mémoire des soldats « morts pour la France » de la même manière : leurs noms ont été gravés sur des monuments dédiés à leur souvenir, on rappelait l’héroïsme de ces hommes " qui ont sacrifié leur vie pour la patrie ". Les livres d’histoire du début du 20e siècle ont mis en avant l’idée d’un patriotisme, souvent  proche de l’esprit de vengeance.
Il a fallu attendre quelques décennies pour que cette vision cède la place à un discours tourné vers la paix.

Sur la colline de Lorette, près d’Arras, s’est déroulée pendant un an ( d’octobre 1914 à octobre 1915) un des épisodes les plus tragiques de cette guerre : 100 000 soldats y ont été tués et autant de blessés.
C’est cet endroit qui a été choisi pour créer l’an dernier un impressionnant monument circulaire  dont l’élégance est due à la simplicité et à l’intégration dans la nature.
Mais ce n’est pas le côté esthétique qu’il faut retenir en premier, c’est le concept retenu : sur l’anneau formé de multiples panneaux figurent les noms des 580 000 soldats morts dans la région, placés les uns après les autres par ordre alphabétique, soldats de toutes les nationalités engagées dans la première guerre mondiale.
Le message est fort ! En mettant côte à côte les noms des morts quel que soit le camp auquel ils appartenaient, on efface ainsi l’idée d’ennemi qui était véhiculé au siècle dernier.

En  se recueillant devant l’anneau de la mémoire, on met des noms sur les victimes anonymes d’un horrible massacre et l’on entend le message que ces morts adressent aux générations présentes et futures : En toutes circonstances, préférez la paix à la violence, à la vengeance !


Notre Dame -de-Lorette
L'anneau de la mémoire


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