Treize régions : une bonne chose ?



Les Français vont voter les 6 * et 13 décembre pour désigner les élus qui seront chargés de mener à bien les politiques relevant des compétences de leur région. 
Les évènements récents ont relégué ces élections au second plan. Avant ceux-ci, la morosité du contexte général laissait déjà présager un taux d’abstention assez fort.  On connaît les causes de la méfiance des citoyens vis-à-vis des politiques ; il y a peu de chance pour que cela change brutalement. C’est dommage pour la démocratie et pour l’avenir des  régions dont le rôle est capital pour le développement des territoires.

Jusqu’à maintenant, il faut bien reconnaître qu’on n’a pas réussi à réduire le déséquilibre de ces territoires dont l’origine se trouve dans la conception jacobine de notre république. Celle-ci a abouti à la   concentration des activités, des lieux de décision, vers la capitale et ses environs, et par la suite dans les grandes agglomérations ( Lyon, Marseille, Bordeaux...) 

Le passage de 22 régions en métropole à 13 régions permettra, si la volonté politique existe, d’aller vers des territoires plus équilibrés. Encore faut-il que les zones les plus dynamiques, les plus riches, fassent preuve de solidarité vis-à-vis des zones déshéritées.
Mais il y a aussi un déséquilibre qui sera plus difficile à corriger : c’est celui qui existe à l’intérieur de chaque région ; c’est un mal qui découle de l’industrialisation du pays. À partir de 1880, les campagnes se sont vidées, les villes et leur périphérie ont grossi. Aujourd’hui l’urgence est de faire revivre - avant qu’il ne soit trop tard - les villages moribonds, afin de préserver les espaces naturels qui ont été épargnés et les terres agricoles dont la surface ne cesse de diminuer...  
Mais une région n’est pas qu’un espace économique, c’est avant tout un territoire qui a une longue histoire, une culture qui s’exprime dans ses danses, ses fêtes, sa langue.

Qu’on ait choisi de ne pas toucher à  la Bretagne  semble logique : son histoire et sa langue justifient cette décision. 
Réunir la Picardie  au Nord-Pas-de-Calais  est tout aussi logique : les paysages côtiers y sont semblables, le Pas-de-Calais et la Picardie partagent la même culture, la même langue, le picard ( la seconde langue régionale étant le flamand).
La grande région normande s’imposait également. On peut dire la même chose de la réunion du Languedoc-Roussillon avec Midi-Pyrénées.
Par contre on peut comprendre la réticence des Alsaciens ( motivée par leur histoire et leur langue) obligés de rejoindre l’ancienne  région voisine Champagne-Ardennes-Lorraine.

Découper la France en 13 régions n’était pas chose facile et il y a toujours une part d’arbitraire dans ce genre d'exercice.
Ce découpage était sans doute nécessaire, mais il ne résoudra pas tout. L’avenir des régions dépendra avant tout des programmes qui seront mis en place par les nouveaux élus. Il faudra attendre le 13 décembre au soir pour en savoir un peu plus.

* 6 décembre : dans les régions du Nord-Est, on fête ce jour-là la Saint-Nicolas.

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