n° 1035 - Carnet de Bord ( 2016 - semaine 6) : Quatre figures de la culture

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



Actualité : Quatre figures
de la culture

Ils ont fait parler d’eux récemment pour différentes raisons, ce sont tous des hommes et une femme qui représentent, chacun à sa manière, la diversité de la culture : Christiane Taubira, Alain Finkielkraut, Félicien Marceau, Jacques Rivette.

Christiane Taubira est une femme politique respectable qui assume ses idées humanistes et refuse les compromissions. Choquée par le projet de déchéance de nationalité visant une partie des Français, elle a décidé de quitter le gouvernement. 
Elle est avant tout une femme de culture. Il suffit de l’écouter : elle manie la langue avec subtilité et ironie et n’hésite pas à glisser dans ses discours quelques vers d’Aimé Césaire ou de Senghor et quand elle écrit, elle montre dans ses phrases toute sa finesse. 
Dans les Murmures à la jeunesse, son dernier livre, on lit par exemple : “ Il faut fendre les eaux tumultueuses jusqu’au cœur du tourbillon.” Cest plus beau que du Houellebecq.
Critiquée lourdement sur un plateau de télé par Yann Moix pour ses phrases  que - selon lui - des jeunes ne peuvent comprendre ( il évoquait le fait qu'elle cite Félix Guattari dans son livre), elle répond sereinement et défend au passage ses “ murmures”, chuchotements qu’elle préfère aux hurlements inaudibles.

Alain Finkielkraut, l’ancien professeur de français et de philosophie, vient d’être reçu à l’Académie française. On se rappelle l’émotion que son élection avait suscitée car le personnage s’est illustré par des positions conservatrices qui l’ont conduit à certains excès.
Curieux parcours que le sien : il a été maoïste dans sa jeunesse  avant de glisser progressivement vers une idéologie à la fois élitiste (en matière de culture) et de repli sur soi.

Le hasard a voulu que Finkielkraut prononce lors de son intronisation l’éloge d’un auteur contesté lui aussi : Félicien Marceau, romancier d’origine belge condamné en 1946 à quinze ans de travaux forcés qui avaient entraîné la perte de sa nationalité.On lui reprochait son attitude ambigüe pendant l’Occupation. En 1959, de Gaulle lui accorda la nationalité française.
Sur le plan littéraire, on peut apprécier le style fluide de Félicien Marceau, récompensé par le Goncourt en 1969 pour son livre Creezy. 

Le cinéma est à nouveau en deuil. Après Ettore Scola, c’est Jacques Rivette qui vient de nous quitter. Cinéaste de la Nouvelle vague, homme discret, Rivette laisse une œuvre originale marquée par la volonté d’expérimenter sans cesse. Deux films ont marqué sa carrière : La Religieuse ( d’après Diderot)  en 1967 et la Belle Noiseuse, avec Emmanuelle Béart et Michel Piccoli en 1974.



.

Commentaires