n° 1031 - Carnet de bord ( 2016 semaine 5 )

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».


QUAND LES ENFANTS
SONT LES VICTIMES

Le XXe siècle qui a été marqué par une accélération exceptionnelle de la transformation du monde - avec les conséquences qu’on subit  aujourd’hui - a été aussi un siècle d’ignominies au cours desquels les enfants n’ont pas été épargnés.

Je regardais hier, sur France Ô, un très beau film réalisé par Phillip Noyce,  Les Chemins de la Liberté, basé sur une histoire vraie.
Nous sommes en 1931, en Australie, dans un village proche du désert de Gibson où trois filles Molly, âgée de 14 ans, sa sœur Daisy ( 8 ans) et leur cousine Gracie (11 ans) vivent heureuses avec leurs mères. Elles sont Aborigènes ; cela signifie qu’elles sont les héritières de la plus vieille culture du monde.
À cette époque, l’Etat kidnappait les enfants aborigènes pour les enfermer dans des camps où les conditions de vie étaient très dures et ils recevaient un enseignement religieux ( catholique dans le film).
Sur ordre du protecteur en chef des Aborigènes pour l’Australie occidentale - c’était le titre officiel - ( rôle interprété par l’excellent Kenneth Branagh), les trois filles furent enlevées et conduite au camp de Moore River, à plus de 2000 kilomètres de leur village.
Grâce à la volonté farouche de l’aînée et à son intelligence vive, les fillettes réussissent à s’échapper du camp et à déjouer les pièges tendus par l’autorité coloniale qui les poursuit avec acharnement. 
Le film montre cette marche interminable et poignante vers la liberté, deux mille kilomètres parcourus à pied dans un milieu aride.

Ces dérives liées à la colonisation n’ont pas été les seules. Dans la décennie qui a suivi, la barbarie nazie sévit en envoyant dans les camps de l’horreur des enfants juifs par milliers.
Et en ce début de siècle, les enfants continuent  de souffrir et de mourir  de  faim, d’autres tombent sous les bombes, se noient dans des embarcations de fortune, ou se retrouvent dans des camps où les conditions de vie sont indignes. 
Ces deux dernières années, plus de 10 000 enfants migrants ont disparu en Europe ; c’est l'agence de coordination policière Europol qui vient de l’annoncer.  Le crime organisé serait en cause. Pendant ce temps, l’accueil des migrants provoque l'hostilité d'une grande partie de la population. 
L’idée sécuritaire l’emporte sur l’humanisme.

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