À propos d’Antispéciste, le livre





   Je ne cesse de le répéter de chronique en chronique : ce monde a besoin d’idées et de pratiques nouvelles, il nous faut inventer un nouvel humanisme, franchir une nouvelle étape dans l’évolution de l’humanité. 
Nous entrons à petits pas dans une ère nouvelle que j’espère conviviale, mais rien n’est gagné d’avance, le pire pourrait arriver.
Dans ce contexte, la sortie du livre Antispéciste m’apparaît comme un message plein d’espoir. Qu’il ait été écrit par quelqu’un dont je suis très proche n’altère en rien ma vision. J’ai conscience que les idées qu’il contient ne seront pas toutes adoptées dans un futur proche. Je rappelais récemment qu’après le célèbre discours de Victor Hugo sur la peine de mort, il avait fallu attendre 133 ans pour voir celle-ci abolie. 
Le changement des mentalités concernant les rapports avec l’argent, les autres civilisations, les faibles, les  animaux non humains, prendra lui aussi un temps assez long. Mais il est important de définir dès maintenant les bases d’un monde plus civilisé.

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    Il y a peu de temps encore, le mot antispéciste était peu connu. Aujourd’hui, on le retrouve dans le titre d’un éditorial du Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert : L’antispécisme, un nouvel humanisme. Le journaliste-écrivain y rappelle le contexte actuel, l’action d’associations telles que L214 qui dénonce, vidéos à l’appui, les conditions de vie dans les élevages industriels, le massacre des poussins, la souffrance des vaches qui se voient retirer leur bébé, la maltraitance subie par les animaux  dans les  abattoirs. De quoi faire réfléchir le consommateur habitué à voir, quand il achète de la viande, des images idylliques qui cachent la réalité.
Toutes ces dérives ont une cause, le spécisme, c’est-à-dire la discrimination basée sur la hiérarchistation des espèces et la croyance en la supériorité de l’animal humain sur l’animal non humain.
L’antispéciste est donc celui qui refuse cette vision.

    Dans le livre No steak, Aymeric  avait déjà  apporté une vision nouvelle et globale sur la question de l'animal et de notre alimentation en intégrant l’éthique, l’écologie, l’économie, la santé... dans la réflexion pour  faire comprendre que l'animal n'est pas un objet, une machine mais un être  sensible ayant un désir de vivre.
Poursuivant dans cette voie, en remontant aux origines du monde et aux sources de la vie, il démontre la proximité biologique qui existe entre l’homme et l’animal, ce qui nous oblige à respecter celui-ci et à lui accorder des droits, le premier d’entre eux étant de le laisser vivre.

    Dans Antispéciste, la réflexion globale le conduit à penser que la société  libérale n’est pas prête à changer ses rapports avec le vivant. La seconde partie du livre apporte une vision précise et audacieuse de la société de demain : la République du vivant,  basée sur l’écologie  essentielle, une démocratie réelle - la biodémocratie (et la fin de la professionnalisation des politiques), la création d’une Assemblée naturelle défendant les intérêts du Vivant. Des propositions qui apportent une cohérence à l’ensemble du projet : mettre en place l’antispécisme.

    Cela sera possible quand on aura admis:
1) que l’homme fait partie du monde animal et que tout animal, quelles que soient ses capacités, a le droit de vivre.
2) que l’ultralibéralisme est incompatible avec ce projet. Car si les mauvais traitements subis par les animaux n’ont pas débuté avec l’ère industrielle (les superstitions et la volonté de domination existent depuis longtemps), leur situation s’est aggravée avec l’élevage industriel et la recherche du profit.
Il faut faire le pari que la morale, la science, l'intelligence humaine l'emporteront sur l'ignorance et les lobbys.

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