Horizon 2080 : Le scandaleux sommet de Pau

Le scandaleux  sommet 
pour l’exploitation pétrolière en eaux profondes



   Quelques mois après la Conférence de Paris sur le climat, confirmation est faite que la mine satisfaite affichée par ses organisateurs à la fin des débats cachait une réalité moins réjouissante : les textes adoptés ne comportent aucun engagement précis, ce qui ouvre la porte à toutes les dérives. Ainsi la France qui se dit exemplaire continue d’agir d’une manière incompatible avec l’objectif de limiter à 1° 5 réchauffement de la planète à la fin du siècle (refus de stopper le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires,etc...)
Et rien n’a été fait pour empêcher la tenue à Pau - du 5 au 7 avril - d’un sommet international réunissant les multinationales pétrolières et les opérateurs offshore dont le but est de développer  l’extraction du pétrole et du gaz en eaux profondes dans la perspective de “ réussir une baisse significative des coûts”, en d’autres termes : enrichir encore leurs actionnaires.

  Or - les scientifiques l’ont suffisamment répété - pour atteindre l’objectif  rappelé plus haut, il est nécessaire de réduire dès maintenant le recours aux énergies fossiles responsables de 80% des émissions de CO2 à travers le monde, ce qui représente 62 % des gaz à effet de serre. Progressivement, il faudrait arriver à l’horizon 2080 à un monde sans pétrole. 
   Certes, il existe encore d’importantes réserves de pétrole et de gaz mais celles-ci se trouvent dans des zones qui présentent trop de risques pour les écosystèmes. C’est pourtant ce que veulent faire ceux que Politis appellent les “pétrotrafiquants”, ces irresponsables cyniques dont le dessein sinistre aurait pour conséquence, selon les spécialistes, une hausse de la température de 9 degrés.

   Les grands médias qui préfèrent le dérisoire à l’essentiel n’ont pas beaucoup parlé de ce sommet de Pau qui a pourtant mobilisé  un grand nombre d’associations (entre autres Action Non-Violente COP21, Alternatiba, les Amis de la Terre France, Attac France, Bizi!, Chrétiens Unis pour la Terre, Emmaüs Lescar-Pau, Friends of the Earth International, Nation Océan et Surfrider Foundation Europe). 
Celles-ci ont organisé des actions de blocage et de désobéissance civile, des rassemblements citoyens qui avaient pour but de bloquer les entrées du sommet et de rappeler la nécessité de mettre en place des politiques permettant de réussir la transition. 
Elles ont manifesté leur désir de poursuivre leur action. Ne laissons-pas faire l’irréparable.

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