La bride sur le cou ( mai 2017)



« J’entends la bride sur le cou
Aller où mes désirs m’emportent »
(extrait de Liberté -1975)

Le hasard et la volonté

    Il y a dans toute vie une part de hasard : des couples se rencontrent et se forment dans des circonstances improbables, des gens perdent la vie parce qu’ils ont eu la malchance de se trouver devant un danger imprévisible. Paul Guimard a écrit sur ce thème un beau livre, L’ironie du sort. 
   Nos destinées dépendent en partie du hasard mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes les jouets du destin : la volonté permet de prendre des décisions importantes en toute liberté.

   Le hasard intervient aussi dans le destin des pays.
Napoléon le mégalomane rêvait de dominer le monde. En 1812, il entreprend la campagne de Russie avec 600 000 hommes ; il rentrera en France vaincu, avec 30 000 survivants épuisés.
À quoi est due cette débâcle ?
- À une invasion de poux qui ont propagé le microbe du typhus et décimé son armée !
Cet épisode a marqué le début de sa chute.

   Le hasard s’invite également dans la vie politique.
Au début de 2011, tout le monde s’attendait à un duel Sarkozy – Strauss-Kahn à la présidentielle de 2012. Le 14 mai, une nouvelle tombe soudain : le directeur général du FMI est accusé d’avoir commis une agression sexuelle dans un hôtel de New-York. Le favori de la primaire du PS doit se retirer, François Hollande qui avait démarré sa campagne avec un maigre 3 % dans les sondages remporte la primaire et bat le président sortant.
F. Hollande avait bénéficié des effets du hasard. S’il avait tenu ses promesses, il aurait été à nouveau candidat cette année ; ses reniements, son incapacité à réaliser le changement annoncé l'ont forcé à renoncer  à se représenter.
Un hasard favorable n'est rien s'il n'est pas accompagné d'une volonté d'agir et de réussir.


   Nous voici en 2017 et une nouvelle fois le hasard fait des siennes.
Au début du mois de janvier, tout le monde était convaincu que l’élection présidentielle opposerait F. Fillon à M. Le Pen dont le parti n’a cessé de progresser ces dernières années ; les différents partis de gauche ayant été incapables de bâtir un programme commun, on  est persuadé qu'aucun d’eux ne serait présent au second tour.
   À la fin du mois survient un événement inattendu : Le Canard enchaîné révèle des faits qui vont détruire l’image respectable du candidat de droite. Allant de mensonges en dénonciations délirantes, F. Fillon ne cesse de baisser dans les sondages. Son parti aurait pu contrebalancer le hasard en changeant de candidat, il n'a pas eu cette volonté et c’est Emmanuel Macron qui a profité de la situation en arrivant en tête du premier tour.

  Il faut maintenant souhaiter que celui-ci, s'il est élu dimanche comme l'indiquent les sondages, aura la volonté de répondre aux attentes des citoyens, ce qui est le moyen le plus sûr de lutter contre le populisme. 











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