n° 1017 - Populaires


Populaire : Voilà un adjectif qui écorche les oreilles de certaines personnes n'aimant pas  ce qui émane du peuple.
Ce mépris pour des  livres, des films, des chansons  qui plaisent au plus grand nombre relève souvent d’un élitisme prétentieux ou d’une méconnaissance du vocabulaire ( populaire étant dans ce cas confondu avec vulgaire.)
( Le mot de la semaine - mars 2012)



Deux artistes populaires

À deux jours d’intervalle, on a appris la mort de deux célèbres artistes.
Le premier - Michel Delpech - avait lutté pendant trois ans contre la maladie, le second - Michel Galabru - est mort pendant son sommeil à l’âge de 93 ans.
Tout en montrant leur talent dans des domaines différents, un trait commun les rapproche : ils étaient populaires, c’est-à-dire appréciés du public parce qu’ils respectaient celui-ci et se sentaient proches des gens.

Michel Delpech a connu très jeune le succès dans  la chanson. Tous ceux qui l’ont rencontré ont trouvé l’homme modeste et sympathique. Le public aimait  sa voix chaude et le choix des thèmes de ses chansons qui évoquaient la vie ordinaire des gens et les plaisirs simples.
Si les radios ont eu tendance à diffuser ses plus grands succès, on trouve dans son répertoire de très belles réussites, moins connues, par exemple Le chasseur, une chanson dans laquelle l’homme parti chasser prend conscience, en voyant le vol superbe des oies sauvages, de l’erreur qu’il aurait faite s’il les avaient tuées :

« Avec mon fusil dans les mains
Au fond de moi je me sentais
Un peu coupable
Alors je suis parti tout seul...» 

Très belle chanson aussi que Rimbaud chanterait, un hommage au poète qu’il imagine vivre dans le monde moderne :

« Il écrivait sur des morceaux d'azur 
Sur les étangs sur les forêts
Il écrivait sur le vent sur les murs 
Mais aujourd'hui il chanterait...» 

Dans un autre registre,  Michel Galabru a servi le théâtre et le cinéma pendant 65 ans.
France 2 a eu la bonne idée de rediffuser le soir de sa mort la pièce de Pagnol, la Femme du Boulanger, enregistrée alors que l’acteur s’apprêtait à devenir nonagénaire. Cela fut l’occasion de revoir l’énergie qu’il dégageait et de retrouver cette façon si personnelle - notamment grâce à sa voix - d’interpréter un rôle.
C’était un immense acteur qui avait aussi joué Shakespeare, Molière, Jules Romains...
Le Molière du meilleur comédien lui avait été décerné en 2008.
Au cinéma, il a parfois joué dans de " petits" films, lui-même le reconnaissait avec humour, mais aussi pour de grands metteurs en scène : Yves Robert, Costa-Gravas, Bertrand Tavernier.
En 1977, il avait reçu le César du meilleur acteur pour son rôle ( celui de Joseph Bouvier) dans Le juge et l’assassin.

Oui, Michel Delpech et Michel Galabru  étaient des artistes populaires : ils n'étaient pas prétentieux ; ils cherchaient à donner à leur public des instants de bonheur.

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