n°1027 - Carnet de bord : 2016 - semaine 4


Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



Démocratie : Particularités françaises

L’année 2016 est à peine commencée mais déjà le monde politique s’agite, le regard tourné vers 2017. De nombreux citoyens aimeraient que la politique se fasse autrement. Malheureusement il y a peu de chances qu’on parvienne en quelques mois à un bouleversement en matière de démocratie, car il faut du temps pour sortir des habitudes ancrées dans les esprits depuis des décennies.
Faisons un tour d’horizon des particularités françaises.

La France, où on loue tous les jours les valeurs de la République, est un pays où la démocratie fonctionne moins bien que dans de nombreux pays d’Europe qui n’ont pas aboli la royauté, citons  notamment l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède...
En cause, une constitution qui donne beaucoup de pouvoir au président, au détriment du parlement.

La France est un pays où un chef d’état battu peut se représenter. Ailleurs - en Angleterre par exemple - le responsable politique battu cède automatiquement son poste de chef de parti. Sa carrière politique s'achève.

Les Etats-Unis ont élu un président de couleur, Barack Obama ; celui-ci était inconnu du grand public quelques années plus tôt.
En France, ce n’est pas en 2017 qu’on verra un homme issu de la diversité présider le pays. Ni un inconnu s'imposer à la présidentielle.

En Allemagne, c’est une femme, Angela Markel, qui dirige le pays. Chez nous, certes, une femme a déjà été candidate au poste de présidente ; on se souvient de l’attitude machiste de ses camarades masculins.

Un sondage récent a montré que les Français aimeraient que le personnel politique se renouvelle comme cela s’est fait ailleurs, en Espagne avec Pablo Iglesias (Podemos) et Albert Rivera ( Ciudadanos) , en Grèce avec Alexis Tsipras. Les Français voient les mêmes visages depuis trente ou quarante ans. Cette incapacité à se renouveler ne touche pas seulement les partis dominants, les représentants de la gauche radicale ont connu une sévère défaite aux dernières élections, car aux yeux des électeurs, aucun ne représentait l’avenir.

Le problème du renouvellement n’est pas seulement une question d’âge ( bien qu’il soit nécessaire que de plus jeunes accèdent aux responsabilités), il est surtout dans le changement des pratiques.

Toutes ces particularités françaises freinent l’amélioration de la démocratie. Elles expliquent en partie la poussée de l’extrême droite, premier parti de France aux régionales de 2015. Alors que chez nos voisins espagnols, celle-ci n’a jamais dépassé 1% des votes ces dernières années.

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