La Rumeur du temps n° 1000

LA TERRE, LES GENS
Entre doute et espoir



Le 6 mars 2009, j’écrivais le premier billet de ce blog. 
Après m’être beaucoup déplacé à travers la France et de temps à autre en Europe pendant près de vingt ans pour défendre des valeurs qui me semblent fondamentales telles que l’égalité des chances, la coopération,  l’écologie, la citoyenneté, j’ai  décidé de me consacrer davantage à l’écriture et à la réflexion  sur la période de transition et la société à l’horizon  2050.
Dans ce premier billet, j’évoquais les choses que j’aime  et celles contre lesquelles il est indispensable de lutter. Je définissais ainsi les thèmes que je serais amené à traiter au fil des articles.

« Dans la tranquillité de ma chambre, je laisse vagabonder mon esprit. Peu à peu, je vois se dessiner les grandes lignes de ma prochaine chronique ou un embryon de poème.

Au loin, j'aperçois la colline. J'aime sa présence familière. Au fil des ans, je l'ai vue se transformer. Le bocage boulonnais a été défiguré par d'immenses monstres de métal qui transportent le courant. Ainsi le veut la loi du progrès.»


La rêverie conduit à l’écriture. Celle-ci s’inspire des évènements que j’ai suivis, des rencontres que j’ai faites, des spectacles que j’ai vus. L’écriture s’enrichit aussi de mes lectures ; les ouvrages de Camus, d’Edgar Morin, de Thoreau, de Guillevic, et de bien d’autres, ont nourri ma pensée. La liberté a besoin de livres, c’est pourquoi les régimes autoritaires les censurent ou les brûlent. 


Dans cette première chronique, j’abordais en quelques phrases la question essentielle de notre époque : l’état de la planète dont dépend l’avenir de l’humanité. La « loi du progrès » évoquée plus haut a oublié que l’homme, être vivant parmi les autres, ne peut se soustraire aux lois de la nature :  

« Qu'est devenue la terre en ce début de siècle ?
La ville qui fourmille de richesses est un grand temple vide et les tours de béton où s'entassent les anonymes secrètent l'ennui.
 Alors dans la froideur des immeubles modernes, on tue le temps à coups d'artifices, on se grise de vitesse, de paradis dangereux. On se laisse guider, on abdique, on  se laisse séduire par des discours inconsistants. On  possède  pour exister. 

Je regarde ce monde qui ne tourne plus rond, je m'insurge contre ces assoiffés d'argent qui ont souillé les océans, empoisonné  les champs, dévasté les forêts.
Mais je devine la voix de ceux qui résistent, qui recherchent l'authenticité, la simplicité, le partage, bref, qui vont à la découverte de la vraie vie.
Là se trouve  l'espoir.»

L’année 2015 s’achève dans la douleur. Je viens de relire ce texte d’introduction  écrit six ans plus tôt. Il finissait sur une note optimiste.
Aujourd’hui  le monde ne va pas mieux, la situation s’est même aggravée. La pauvreté perdure, la planète n’en peut plus . En France, la démocratie a perdu ses repères, le discours sécuritaire semble avoir gagné au détriment de nos libertés, la xénophobie gagne du terrain. Le doute s’est installé. ...
Poursuivre dans la voie du passé mènerait au chaos.

Sur les ruines du monde finissant, il faut préparer l’ère nouvelle. Le monde a besoin d’un sursaut citoyen.

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