n° 1011 Carnet de bord ( semaine 53)


Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



DEVINER LE SOLEIL
SOUS LES NUAGES LOURDS

L’année qui s’achève laissera un goût amer. Si les joies personnelles dues à de belles rencontres, à la naissance d’enfants, à la réalisation de projets...n’ont pas manqué, la communauté humaine a vécu des heures difficiles : la folie, la rage  terroriste, la misère extrême, la dictature ont tué des enfants, des femmes, des hommes, en ont blessé d’autres, ont contraint des milliers d’entre eux à quitter leur pays.
La France n’a pas été épargnée, elle a été touchée par les attentats, elle a vu monter la xénophobie, elle a perdu une partie des valeurs sur lesquelles s’appuie la démocratie.

Elle a connu ses « égarements ». J’entends par là le fait de prononcer des paroles, de mener des actions contraires aux droits de l’Homme, aux conditions qui permettent de vivre ensemble de façon apaisée, elle a connu ses reniements de la part de responsables abandonnant les  valeurs qu’ils prétendaient défendre.
Le maire de Béziers qui fut à la tête de Reporters sans frontières s’est à nouveau égaré en tenant des propos ignobles sur des musulmans qui avaient protégé symboliquement une église le soir de Noël.
Le premier ministre s’est égaré en accusant - on croit rêver - les gens du gauche qui « s’égarent au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte.» ( Il faisait allusion, rappelons-le,  à ceux qui s’opposent à l’idée d’enlever la nationalité française aux binationaux auteurs d’actes terroristes.)

Dans ce contexte triste et confus, on peut comprendre ceux qui perdent espoir et se résignent. Il faut les persuader que des signes positifs existent. 

Regardons nos amis espagnols : après quarante ans de dictature franquiste, ils ont réussi à bâtir une démocratie qui vient de montrer il y a quelques jours qu’on pouvait bousculer les partis traditionnels ; ils sont maintenant dans la voie du renouveau.

Tout reste possible. Pour cela il nous faut deviner le soleil sous les nuages lourds.

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