n°1001 - Les oubliés de la COP 21

La lutte contre le dérèglement climatique ne doit pas être l’affaire des spécialistes, elle concerne tous les citoyens de France  et d’ailleurs.
Le but de ces billets est  d’apporter les informations de base permettant de préciser les enjeux de la COP 21 et de faire le point sur les travaux de celle-ci.



Les  oubliés de la COP 21


Alors que la Conférence du climat s’achève dans la douleur, on peut déjà tirer les premiers enseignements des travaux menés pour tenter de limiter le réchauffement de la terre à moins de deux degrés.
Avant que les communiqués officiels se réjouissent des avancées obtenues, dressons un bilan des dossiers qu’il aurait été nécessaire de traiter et qui ont été délaissés par manque d’ambition.

Le premier regret est de constater  qu’aucun objectif n’a été fixé pour réduire l’élevage industriel. Or celui-ci joue un rôle important dans le dérèglement climatique, comme l’ont montré les récents rapports de la FAO et du GIEC qui préconisaient  une réduction importante de la consommation de viande pour des raisons écologiques. 
Le cinquième rapport du GIEC avait établi que cette réduction correspondrait à diviser par deux le parc automobile mondial.
14,5 % des émissions de gaz à effet de serre  proviennent de l’élevage industriel ( dont 9,6 % pour les seuls bovins). Celui-ci  est également responsable de la déforestation en Amazonie.
Mais cette question est elle aussi absente des discussions en cours à la conférence.
Ce silence des pays industrialisés - notamment de la France - s’explique par la volonté de ne  pas contrarier les lobbys de l’agroalimentaire.

Autre dossier oublié : l’avenir des océans. Ceux-ci produisent la moitié de l’oxygène de l’atmosphère et absorbent plus de carbone que les forêts.
L’océanographe Philippe Valette vient de rappeler que le réchauffement des océans ( régulateurs de la température de la terre) a été constaté à 700 mètres de profondeur. Les stocks de poissons ( victimes des pollutions et de la pêche industrielle excessive) qui  auraient dû être reconstitués en 2015 ne l'ont pas été.
Il ne faut pas oublier que les océans représentent 70% de la surface de la terre. Il est donc incompréhensible qu’on s’intéresse si peu à eux.

On a beaucoup répété  que ce sont les pays les plus pauvres qui souffriront le plus du dérèglement du climat ; parmi eux : le Bengladesh, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, Haïti, le Soudan...Parmi les populations vulnérables, il y a aussi les habitants des archipels. A quelques heures de la clôture de la COP 21, les engagements en faveur de ces pays ne sont pas encore assurés.

Autres peuples ignorés, ceux qui ont réussi jusqu’à maintenant à échapper plus ou moins à la civilisation moderne, les peuples autochtones, tels que les Amérindiens. 

On savait avant le début de la Conférence que les objectifs des participants étaient limités. Que contiendra la déclaration finale ?
Dans un prochain billet, je ferai une analyse de celle-ci, en pointant les avancées réelles et les insuffisances.

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