n° 1005 - Une certaine idée du bonheur ( 1)


Les signes qui démontrent que nous sommes dans un monde finissant sont de plus en plus visibles. Pourtant certains, par aveuglement et surtout par égoïsme  et cynisme, continuent de nier la réalité. Je n’ose imaginer ce qu’il adviendrait demain si un Donald Trump devenait président des Etats-Unis.

Dès la fin des années 1960, il devenait évident qu’il serait nécessaire de changer nos modes de vie. On a malgré cela, pendant les décennies qui ont suivi, ignoré les messages envoyés par les scientifiques et des philosophes tels qu’Edgar Morin.

Au début des années 1970, dans mes chroniques et mes poésies, j’évoquais souvent les rapports de l’homme avec la nature, l’avenir de l’humanité.
En 1975, je publiais mon deuxième recueil de poésies ; il s’intitulait Images Vues - Une certaine idée du bonheur. 
Le recueil s’ouvrait sur une réflexion sur le monde moderne et le bonheur.

Quarante ans après, en relisant ce texte, j’ai l’impression de l’avoir écrit hier.





1.
Le bonheur ? Existe-t-il encore dans un monde qui vacille, un monde qui a peur ?
Des gens désorientés traînent leurs angoisses, leurs cauchemars.
Dans la froideur des immeubles maussades, ils tuent le temps à coups d'artifices, se grisent de vitesse, de paradis dangereux. Certains se laissent guider et séduire par des discours vains .
Et les jours passent... Pour oublier, ils partent et vont là où les autres sont déjà et une fois encore ils rejoignent la foule qui n'a rien à leur dire et passe à côté d'eux dans la frénésie des klaxons  et les décibels des grosses voitures et des motos  qui blessent leurs oreilles. Ce sont des résignés.

Ici des hommes possèdent pour exister. Ils vivent dans l'abondance.
Ailleurs d'autres cherchent la goutte d'eau, la plante qui maintiendra en eux une étincelle de vie. Mais je sais qu'un jour la justice vaincra.
Je sais que l'ombre d'Hiroshima pèse sur nos têtes. Je sais que la liberté est difficile à apprendre et j'en connais les risques. J'ai vu de jeunes chiens tenus trop longtemps en laisse mourir dès qu'ils étaient lâchés, sous la roue d'un camion.
Je sais la misère, la haine, l'intolérance. Pourtant j'entends là-bas, au bout du chemin, monter une rumeur d'espoir.
Alors m'apparaît une certaine idée du bonheur.
Et, sous le soleil d'été, la vague qui vient se briser sur le roc de granit raconte la beauté du monde.
Sur la page blanche j'écris : Amour et Liberté.

( à suivre)


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